Aux sources du bien-être

Les cures de remise en forme? Un business en pleine santé. Une aubaine pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, bien décidée à tirer parti de ses nombreuses eaux thermales.
Les régions en possession d'eaux thermales comptent bien en tirer profit. Getty Images

L'eau thermale source de croissance? Une évidence pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, déterminée à faire du thermalisme un pilier de sa nouvelle politique touristique. Objectif du grand "Plan thermal" lancé en novembre dernier: relancer une filière historique "laissée en déshérence" et faire de la région la première de France dans cette activité à l'horizon de 2020.

"Une hausse de 18% de la fréquentation des stations"

Une ambition partagée par Didier Le Lostec, PDG des thermes de Brides-les-Bains (Savoie) et vice-président de Balineae, label fédérant 16 centres thermaux de Rhône-Alpes. Pour lui, si la région, avec 130.000 curistes et 24 stations, pointe à la troisième place derrière l'Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine (voir l'encadré), elle dispose de tous les atouts pour les dépasser. Tout d'abord parce que le secteur est porteur.

Les cures thermales sont des business fleurissants en France. Getty Images

"Depuis 2010, la fréquentation des stations est en hausse de 18%", se félicite-t-il. Un engouement qu'il explique par les résultats encourageants des études sur le service médical rendu, menées par l'Association française pour la recherche thermale (Afreth), par le regard positif que portent aujourd'hui les médecins sur l'hydrothérapie et par l'attention grandissante que portent les Français à leur santé et aux médecines douces.

Une rénovation des infrastructures

Les efforts réalisés par les établissements pour moderniser leurs installations et diversifier leur offre séduisent également, en associant soins traditionnels et thérapies récentes. "Cette dynamique est soutenue par le Plan thermal, doté d'une enveloppe de 17 millions d'euros pour la période 2016-2020 afin d'accompagner les projets de développement de stations nouvelle génération, et de 3 millions d'euros destinés à l'innovation, à la formation et à la promotion du thermalisme", détaille Didier Le Lostec.

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Déjà, en Ardèche, Vals-les-Bains se dote d'une nouvelle piscine extérieure d'eau thermale chauffée; en Savoie, les Thermes et le Grand Spa thermal se lancent dans un projet pharaonique de construction et de rénovation pour un montant de 14 millions d'euros; à Saint-Gervais (Haute-Savoie), destination thermale depuis 1806, après l'ouverture d'un spa qui avait permis aux thermes de retrouver une seconde jeunesse, un nouveau lifting est en vue avec l'arrivée du groupe L'Oréal, qui envisage un programme de rénovation important (4 millions d'euros).

Autres atouts de la région: une situation géographique quasi idéale; un paysage montagneux lui permettant de bénéficier d'eaux spécifiques et de qualité; un potentiel culturel et patrimonial des plus riches. "Il ne faut pas oublier que, si les curistes choisissent leur destination d'abord en fonction de leur pathologie, l'intérêt touristique des alentours compte aussi, insiste Didier Le Lostec.

Or nous avons la chance d'avoir des stations très agréables sur ce plan." Des versants savoyards aux pentes volcaniques du Massif central, en passant par les coteaux ardéchois, tout est mis en oeuvre pour séduire de nouveaux arrivants. En effet, 100 curistes supplémentaires, c'est dix emplois créés. Après l'or blanc, l'or bleu?