Des députés appellent à mieux (re)connaître le burn out

Un rapport parlementaire rendu le 15 février suggère de mieux indemniser et prévenir les maladies liées à l'épuisement professionnel. Résumé des 27 propositions.
Le rapport présenté par Gérard Sebaoun, député PS, le 15 février, préconise de faciliter la reconnaissance des maladies liées à l'épuisement professionnel. Felip1 - CC - Flickr

3 millions de Français seraient au bord de l'épuisement professionnel selon Technologia, cabinet spécialisé dans la prévention des risques… 30.000 selon l'Institut national de veille sanitaire (INVS). Pour mieux évaluer cette souffrance au travail, la première des 27 propositions du rapport issu de la mission parlementaire sur l'épuisement professionnel consiste à créer "un centre national de référence sur la santé psychique au travail chargé de développer la veille sanitaire, l’épidémiologie et la prévention".

Dans le texte présenté le 15 février à l'Assemblée nationale, il est aussi question de faire évaluer le coût des pathologies psychiques liées au travail actuellement supporté par l'assurance maladie et donc l'Etat. Car les traitements des maladies professionnelles reconnues, elles, sont assumés par les entreprises.

Reconnaître le burn out

D'ailleurs, le rapport préconise de faciliter la reconnaissance des pathologies qui découlent de l'épuisement professionnel: la dépression, les troubles anxieux ou post traumatiques. "Un vrai parcours du combattant" qui a seulement permis d'indemniser 418 victimes du burn out en 2015, selon la CFE-CGC, syndicat particulièrement attentif aux souffrances proffessionnelles qui en découlent, dont souffrent aussi les cols blancs. Il a d'ailleurs qualifié le rapport, d'"avancée sociétale gigantesque".

Mais il y a tout juste un an, la proposition de loi destinée à faciliter la reconnaissance des pathologies liées à l'épuisement professionnel présentée par Benoît Hamon n'avait pas abouti. La mesure fait partie du programme de celui qui est depuis devenu candidat PS aux élections présidentielles.

Des "stages ouvriers"

Outre la réparation, le rapport émet également des propositions pour mieux prévenir l'épuisement professionnel en appelant à renforcer la collaboration avec la médecine du travail. L'accent est également mis sur la sensibilisation des managers à la charge de travail: le texte propose que les futurs encadrants suivent "un stage d'exécution de plusieurs semaines au sein de services opérationnels, de production ou d'accueil du public des organisations du type de celles qu'ils seront amenés à gérer ou à diriger". A la manière des "stages ouvriers". Enfin, le rapport préconise aussi d'intégrer la prévention des risques psychosociaux (RPS) dans les négociations obligatoires des entreprises.