Viande avariée: quelle traçabilité chez les éleveurs français?

Alors que 150 kg de viande avariée polonaise ont été vendus en France et 145 kg sont difficiles à retirer de la vente, les éleveurs français se veulent rassurants sur la traçabilité et la qualité de leurs produits. 
passeport bovin
Chaque bovin dispose d'un passeport où est renseigné son numéro d'identification, ses prises de sang, des informations sur sa mère, etc. Capture BFMTV

Près de 300 kg de viande avariée en provenance d'un abattoir polonais ont été commercialisés en France, dont 150 kg vendus aux consommateurs et 145 kg difficiles à retirer de la vente car ils ont été mélangés à d'autres viandes.

Une affaire qui soulève des questions sur la traçabilité de la viande. Le ministre de l'Agriculture a annoncé vendredi matin que "(ses) équipes" travaillaient sur le sujet depuis mercredi soir, promettant que "la traçabilité des produits lorsqu'ils arrivent en France marche plutôt bien".

Il a pourtant fallu près de trois jours avant que le ministère de l'Agriculture n'annonce samedi avoir retracé l'intégralité des 795 kg importés en France, une semaine après la diffusion du reportage d'investigation polonais dévoilant le scandale.

En France, les éleveurs se veulent rassurants. Chaque bovin est doté d'un numéro qui permet de l'identifier: il est à la fois sur une étiquette à l'oreille de chaque bête et sur son passeport.

Numéro, passeport et prises de sang

"Sur le passeport du bovin on peut avoir la race du bovin, le numéro de la mère pour la traçabilité en amont. On fait des prises de sang sur nos bêtes pour garantir que le troupeau est sain. S'ils reviennent négatifs de toute maladie, on a un petit macaron qui permet de commercialiser nos bêtes", explique sur notre antenne Erwann Etrillard, éleveur de vaches limousines.

Ce passeport est obligatoire. En France, impossible de vendre ou d'abattre un bovin sans ce document. L'animal est donc tracé depuis sa naissance, jusqu'à ce qu'il soit abattu. Plus tard, ces informations se retrouvent en partie sur les étiquettes en boucherie pour la viande non transformée: numéro de lot, lieu d'abattage, numéro d'agrément de l'établissement - de même pour la découpe -, pays de naissance, d'élevage et d'abattage de la bête, etc.

Une ministre réclame une "force européenne d'inspection sanitaire"

Parfois, les artisans vont encore plus loin pour rassurer leurs clients.

"Vous voyez, vous avez tous les fournisseurs locaux, de veau et de boeuf, avec la traçabilité de la viande", explique au micro de BFMTV Denis Coupé, boucher, tout en montrant une liste affichée sur sa vitrine à la caméra. "Vous avez tous les détails de nos fournisseurs où on achète la viande. On ne peut pas tricher sur nos livraisons", assure-t-il.

En France plus de 2200 agents vétérinaires inspectent toute l'année les abattoirs, les boucheries, mais aussi les grandes surfaces et les élevages. Un niveau de contrôle dont l'exécutif veut s'assurer au niveau européen: dimanche, la ministre française des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a réclamé la création d'une "force européenne d'inspection sanitaire", à la fois sur la qualité de la viande mais aussi de l'eau et de l'air.