Une protéine pourrait permettre de diagnostiquer la maladie d'Alzheimer beaucoup plus tôt

Le changement de niveau d'une protéine permettrait de diagnostiquer la maladie d'Alzheimer bien avant l'apparition des symptômes.
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Une patiente atteinte d'Alzheimer en 2011. SEBASTIEN BOZON / AFP

Pourra-t-on bientôt diagnostiquer la maladie d'Alzheimer près de dix ans avant l'apparition des symptômes chez le patient? C'est l'espoir que nourrit une équipe de scientifiques allemands, qui signe une nouvelle étude sur la maladie, raconte The Guardian.

L'équipe s'est penchée sur une protéine appelée NFL (neurofilament à chaîne légère), que l'on trouve spécifiquement dans les neurones, et qui joue un rôle indispensable sur la vitesse des transmissions neuronales. Elle a découvert qu'une hausse du taux de cette protéine serait un signe du développement de la maladie.

6,8 ans avant que les symptômes se développent

L'équipe a étudié cette protéine chez 243 sujets porteurs d'une mutation génétique les prédisposant à la maladie et chez 162 personnes non porteurs de cette mutation. Ils ont ainsi découvert que 6,8 ans, environ, avant que les symptômes de la maladie d'Alzheimer se développent, les niveaux de NFL dans le sang augmentent et qu'ils augmentaient de façon bien plus importante chez les sujets prédisposés à la maladie.

Ils ont ainsi pu en déduire qu'en testant la quantité de NFL présente dans le corps du patient, il serait possible de diagnostiquer la maladie près de sept ans avant le développement des symptômes. 

"Nous savons que la maladie apparaît dix à vint ans avant que les symptômes apparaissent", explique le professeur Mathias Jucker, l'un des auteurs de l'étude. "Nous savons aussi que le traitement doit démarrer 10 ans avant l'apparition des symptômes, ou même encore avant si nous voulons, qu'il soit vraiment efficace."

Tester l'efficacité de traitements expérimentaux

Aujourd'hui, il n'existe aucun médicament susceptible de soigner ou de ralentir la progression de la maladie. Cette découverte permettrait ainsi de tester l'efficacité de traitements expérimentaux en observant la quantité de NHL dans le corps. Si cette dernière arrêtait d'augmenter, cela signifierait que le traitement fonctionne. 

Néanmoins, cette étude a quelques limites, note le docteur James Picket, de l'Alzheimer society. Elle étudie principalement les sujets ayant une prédisposition à la maladie, ce qui ne concerne qu'1% des malades. Par ailleurs, d'autres facteurs peuvent expliquer l'augmentation de NHL, comme un traumatisme crânien. La mesure de cette protéine pourrait donc être faussée chez des patients ayant plusieurs problèmes de santé.