Soupçons de fichage chez Monsanto: au tour du CNRS et de l'Inra de porter plainte

De nombreuses personnalités françaises ont été fichées par des agences de communication travaillant pour Monsanto, en fonction de leur positionnement sur la question du glyphosate
Des centaines de personnalités ont été fichées par le groupe d'agrochimie selon leur position sur le glyphosate
Des centaines de personnalités ont été fichées par le groupe d'agrochimie selon leur position sur le glyphosate Image d'illustration - AFP

Les instituts de recherche de l'Inra et du CNRS ont annoncé à leur tour, ce lundi, leur décision de porter plainte après la révélation d'un fichage illégal pour le groupe d'agrochimie Monsanto de centaines de personnalités concernant notamment leur position sur le glyphosate.
    
"La constitution de ces fichiers est inacceptable. L'Inra et le CNRS ont décidé de déposer une plainte", indiquent l'Institut national de la recherche agronomique et le Centre national de la recherche scientifique dans un communiqué conjoint.

Des chercheurs du CNRS et de l'Inra concernés   

Les noms de plusieurs chercheurs, chercheuses et dirigeants de l'Inra et du CNRS figurent dans les fichiers établis par l'agence Fleishman Hillard pour le compte de la société Monsanto, confirment ce lundi les deux organismes, qui "protestent contre une telle utilisation de données personnelles et expriment leur indignation face à ces pratiques".
    
"Un débat public serein sur l'utilisation des pesticides en général et du glyphosate en particulier est nécessaire. Les chercheurs de l'Inra et du CNRS y contribuent, sur la base d'expertises collectives et transparentes", concluent les deux organismes.
    
Vendredi, dès le lendemain des révélations concernant ces fichiers, la justice française a ouvert une enquête sur des soupçons de fichage illégal pour le compte du géant américain Monsanto de centaines de personnalités et médias, concernant notamment leur position vis-à-vis du glyphosate, des OGM, ou leur propension à être influencés.

"Très probablement" dans d'autres pays d'Europe

Cette enquête fait suite à une plainte déposée par le quotidien Le Monde et un de ses journalistes, qui figurait dans les fichiers incriminés. Elle vise notamment le chef de "collecte de données personnelles par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite" dans ses investigations.
    
Après avoir présenté dimanche ses excuses, le groupe allemand Bayer, qui a racheté en 2018 Monsanto, a indiqué ce lundi que ce type de fichiers existait "très probablement" dans d'autres pays européens que la France. Les documents en question datent de 2016, c'est-à-dire avant le rachat par Bayer du géant américain des pesticides et des OGM.