"Safer Internet day": comment sensibiliser les plus jeunes face aux dangers des écrans

Ce mardi, c'est la Journée mondiale pour un Internet plus sûr: le "Safer Internet Day" qui marque le coup d'envoi d'un mois de sensibilisation autour du thème "Les écrans, les autres et moi". L'occasion de découvrir les bons réflexes à adopter pour protéger jeunes et moins jeunes face aux dangers du numérique.
Une petite fille joue sur un écran tactile, en 2017. (Photo d'illustration) e
Une petite fille joue sur un écran tactile, en 2017. (Photo d'illustration) Indranil Mukherjee – AFP

Ce matin-là, pas d’interrogation écrite, ni de récitation. Mais une discussion de plus d’une heure entre une maîtresse et ses 19 élèves de CE2, invités au ministère de l’Education nationale.

"Si les écrans n’existaient pas, qui passerait plus de temps avec sa famille? Levez simplement la main", demande Julie Kuhn. Quatorze élèves lèvent alors le bras.

Plus d'énervement et de stress, moins de concentration

C'est à travers ce type d'échange informel que l’enseignante de l’école parisienne des Cheminets entend mobiliser autour du thème "Les écrans, les autres et moi". Une problématique qui lui tient à cœur, comme en témoigne son blog "Super-Julie" qui prône un usage raisonné des écrans.

"Le matin, je peux dire ceux qui ont été exposés aux écrans. Les enfants qui y sont soumis tôt le matin se réveillent plus tôt, donc ils ne dorment pas jusqu’au bout du temps imparti; donc moins de repos, et plus d’énervement, plus de stress et beaucoup plus de difficultés à la concentration, c’est vraiment compliqué en classe", explique-t-elle.

Dans une famille, selon une étude Ipsos de 2015, on trouve en moyenne 6 écrans. Télévision, ordinateur, tablette, smartphone ou console de jeu vidéo… Près de 3 enfants sur quatre ont même leur écran personnel.

Ange, qui vient de fêter ses 9 ans, a le droit à une heure par jour: "Je fais des jeux vidéo le soir, et quand je n’ai pas le droit de jouer, je regarde la télé."

Découvrir les bons usages du numérique

Mais ce qui préoccupe le plus son enseignante, c’est l’inadaptation des contenus à l’âge de ses élèves: "Ils jouent à des jeux en réseau, qui ne sont pas de leur âge, notamment 'Fortnite' qui devrait être réservé à des collégiens. Il y aussi la télé qui est allumée en continu par les parents, ils sont donc exposés à des informations qui ne leur sont pas destinées, il n’y a pas de filtre", regrette Julie Kuhn.

C'est pour sensibiliser aux bons usages du numérique que des ateliers et des formations sont organisés dans toute la France à l'occasion du "Safer Internet day", journée mondiale pour un Internet plus sûr. Plus de 400 établissements scolaires vont notamment jouer le jeu, à travers des échanges et des conseils par exemple pour les 13-17 ans, grands consommateurs de réseaux sociaux.

Quand les jeunes se mettent en danger sur Internet

"Les jeunes ont peur de se faire voler leurs données personnelles, ils ont peur du cyber-harcèlement, et ils ont peur d’avoir une mauvaise réputation", détaille Axelle Desaint responsable éditoriale et pédagogique "Tralalere", qui pilote le "Safer internet day" en France.

"Mais ils ne se rendent pas compte que par leur attitude, ils se mettent particulièrement en danger", poursuit-elle. "Car à côté de ça, ils vont se créer des comptes publics, ils vont parfois être tentés par la retouche d'image ou l’hyper sexualisation qui peuvent les mettre en danger et les exposer à de mauvaises rencontres."