Peste porcine: création d'une "zone blanche" vide de sangliers à la frontière de la Belgique

Une fois tués, les sangliers sont incinérés sur place ou à proximité pour éviter la propagation de la peste porcine africaine.
Peste porcine: création d'une
Un sanglier - Image d'illustration Tobias Schwarz - AFP

Le dispositif mis en place par la France a été renforcé à la frontière belge a été renforcé afin d'éviter l'arrivée de la peste porcine africaine dans le pays, après que les autorités aient eu la confirmation de deux nouveaux cas outre-Quiévrain la semaine dernière.

Le ministère français de l'Agriculture Didier Guillaume a annoncé lundi la création d'une "zone blanche" vide de sangliers à la frontière franco-belge pour empêcher toute introduction de la maladie sur le territoire national. 

Il a également annoncé la création d'une cellule de crise, présidée par Loïc Gouello, inspecteur général de la santé publique vétérinaire, qui se réunira dès cette semaine avec les acteurs nationaux.

"Une 'zone blanche', à très haut risque, est mise en place dans un rayon de quelques kilomètres autour des cas belges, au sein de laquelle tous les sangliers devront être abattus dans les prochaines semaines", indique ainsi le ministère dans un communiqué.

Nouveaux cas à la frontière

Le 9 janvier 2019, deux nouveaux cas de peste porcine africaine ont été confirmés en Belgique, à près d'un kilomètre de la frontière française. Le virus avait été identifié pour la première fois en Belgique le 13 septembre sur des cadavres de sangliers à Etalle dans le sud du pays, non loin des frontières française et luxembourgeoise.

Didier Guillaume s'est déplacé vendredi dans les Ardennes afin d'appeler à la mobilisation l'ensemble des acteurs, avant de réunir lundi au ministère éleveurs, chasseurs et responsables forestiers pour leur exposer les nouvelles mesures de sécurité.

Dépeuplement des sangliers

La "zone blanche" sera délimitée par une clôture dont la mise en place débutera dans les prochains jours.

Le ministre a également demandé à la Fédération nationale de chasse (FNC), l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et l'Office national des forêts (ONF) "une mobilisation maximale pour procéder très rapidement au dépeuplement des sangliers dans cette zone", selon le texte.

La zone sera quadrillée par des patrouilles de l'ONCFS et des chasseurs, à la recherche active de cadavres. Toutes les activités forestières y seront suspendues. 

"Dans certains pays d'Europe centrale, on a réussi à limiter l'expansion de la maladie grâce à ces zones tampons et à l'éradication des sangliers", a expliqué à l'AFP Thierry Coste, conseiller à la FNC, qui militait pour cette solution car l'arrivée de cette maladie en France "sera une catastrophe pour les éleveurs de porcs comme pour les chasseurs".

"L'objectif c'est de rester indemne"

Une fois tués, les sangliers sont incinérés sur place ou à proximité pour éviter la propagation de la peste porcine africaine, a-t-il encore expliqué. Ce dernier estime à plusieurs milliers le nombre de sangliers qui seront présents dans la zone blanche française.

Le président de la Fédération nationale porcine (FNP) Paul Auffrey s'est pour sa part déclaré "satisfait" de ces mesures, tout en déplorant "que ce genre de décisions n'aient pas été prises plus tôt". Il souligne toutefois "avoir trouvé le ministre offensif et déterminé" lors de la réunion.

"L'objectif c'est de rester indemne pour éviter une catastrophe à la fois économique et sociale", rappelle-t-il.
    

Si la maladie se déclare en France, les producteurs français ne pourront plus exporter de porcs, ce qui risque d'être fatal à bon nombre des 14.000 élevages porcins français, déjà fragilisés.

La filière porcine, majoritairement située dans l'ouest de la France, a traversé une crise particulièrement grave à la suite de l'embargo russe en 2015 et 2016, puis a légèrement remonté la pente en 2017 grâce aux exportations vers la Chine.

Mais selon l'interprofession porcine, Inaporc, la situation s'est de nouveau dégradée en 2018, où les cours au marché du porc breton de Plérin ont marqué un repli de 12,7% sur un an.