"On risque des accidents": un médecin dénonce la "surcharge des urgences" pendant la canicule

Particulièrement sensibles à la chaleur, les personnes âgées figurent parmi les plus vulnérables.
urgences
Image d'illustration AFP

53 départements dont l'ensemble de l'Ile-de-France ont été placés en vigilance orange canicule ce lundi. De fortes chaleurs sont attendues dans l'Hexagone avec des pics allant jusqu'à 40°C jeudi, avec une température ressentie de 48. 

Particulièrement sensibles à la chaleur, les personnes âgées figurent parmi les plus vulnérables. Dans les Ehpad, le personnel se prépare donc à faire face à cet épisode caniculaire. Christophe Prudhomme, médecin urgentiste et délégué CGT Santé, interrogé par BFM Paris, regrette cependant que ces établissements ne bénéficient pas de personnel supplémentaire, entraînant a fortiori, une surcharge des urgences.

"Il y a un an et demi, le personnel des Ehpad étaient en grève. Ils demandaient plus de moyens. Il faut plus d'aide-soignantes, d'infirmières et de médecins dans ces structures qui peuvent éviter la venue aux urgences de personnes qui n'ont rien à y faire", explique t-il. "Les personnes âgées sont mieux dans les Ehpad avec des infirmières qui peuvent mettre en oeuvre des processus de réhydratation. Il n'y a pas besoin de l'hôpital pour cela."

Une hausse d'activité de 5% aux urgences

"On s'attend à une hausse d'activité de 5% aux urgences pendant cet épisode caniculaire. C'est déjà trop. On essaie de faire au mieux. Mais on travaille à flux tendu", déplore le médecin urgentiste. "Des gens restent dans des brancards, dans des couloirs. Malheureusement, il va arriver des accidents parce qu'on ne peut pas surveiller tout le monde. C'est l'angoisse du personnel de passer à côté du cas qu'il aurait fallu surveiller et que l'on découvre mort."

131 services d'urgences sont actuellement en grève selon le collectif Inter-Urgences. Ils appellent à plus de moyens financiers, à l'arrêts de fermetures de services et de lits et à une augmentation des salaires.