Médicaments à base de valsartan: de nouveaux rappels vont provoquer des ruptures de stock

Des rappels de médicaments à base de valsartan ont été annoncés jeudi en France par l'agence du médicament  à cause de la présence d'une substance probablement classée comme cancérogène, ce qui va entraîner de nouvelles ruptures de stock.
Au total, le cumul des deux rappels touche trois-quarts de ces médicaments utilisés en cas d'insuffisance cardiaque, d'hypertension artérielle et après un infarctus cardiaque récent. Entre 1,2 et 1,5 million de patients en France suivent ce traitement.
Au total, le cumul des deux rappels touche trois-quarts de ces médicaments utilisés en cas d'insuffisance cardiaque, d'hypertension artérielle et après un infarctus cardiaque récent. Entre 1,2 et 1,5 million de patients en France suivent ce traitement. - iStock

De nouveaux rappels de médicaments à base de valsartan ont été annoncés jeudi en France par l'agence du médicament (ANSM) à cause de la présence d'une substance classée comme probablement cancérogène, ce qui va entraîner des ruptures de stock après une première vague de rappels début juillet.

Au total, le cumul des deux rappels touche trois-quarts de ces médicaments utilisés en cas d'insuffisance cardiaque, d'hypertension artérielle et après un infarctus cardiaque récent. Entre 1,2 et 1,5 million de patients en France suivent ce traitement.

Une substance probablement cancérogène

Le premier rappel, prononcé au niveau international et qui concernait neuf marques, avait été motivé par la présence d'une impureté, la N-nitrosodiméthylamine (NDMA), substance classée comme probablement cancérogène chez l'homme.

La société chinoise Zhejiang Huahai Pharmaceuticals avait d'abord été mise en cause, avant que deux autres laboratoires chinois, Rundu Pharma et Tianyu Pharm, soient à leur tour épinglés. Toutes ces sociétés fabriquent le principe actif pour le compte de laboratoires qui ensuite produisent le médicament. 

Le deuxième rappel, annoncé jeudi, a été décidé en raison de "la présence possible d'une autre impureté, la NDEA (N-nitrosodiéthylamine)". D'une nature voisine de la première, cette impureté est, comme elle, "classée comme probablement cancérogène chez l'homme par l'Organisation mondiale de la santé (OMS)", a précisé l'ANSM dans un communiqué.

Cette deuxième substance indésirable "a été mise en évidence à la suite des nombreuses investigations entreprises depuis le mois de juillet au niveau européen concernant le valsartan".

Des ruptures de stock attendues rapidement

Les fabricants des médicaments qui ne sont pas concernés par les deux rappels "ne sont actuellement pas en mesure d'augmenter suffisamment leur production pour couvrir l'ensemble des besoins des patients français", a souligné l'ANSM. Par conséquent, "des ruptures de stocks conséquentes sont attendues rapidement".

"Il existe de nombreuses alternatives thérapeutiques disponibles permettant d'assurer une prise en charge optimale des patients actuellement traités par valsartan", rappelle l'ANSM.

Elle conseille aux patients de consulter leur médecin ou leur pharmacien pour savoir si le médicament qu'ils prennent est concerné par le rappel et, le cas échéant, s'orienter vers un autre traitement.

"Le risque d'un arrêt brutal de traitement étant important (poussées hypertensives, décompensations cardiaques, accidents neurologiques), les patients ne doivent en aucun cas interrompre leur traitement sans avis médical", insiste l'ANSM, qui a mis en place en juillet un numéro vert d'information (0800 97 14 03).