Manger du fromage jeune pourrait prévenir certains risques d'allergies chez les enfants

Une étude de l'Inra et du CHU de Besançon évoque les effets bénéfiques de la consommation de fromage chez les enfants en bas âge vis-à-vis des risques d'eczéma et d'allergies alimentaires à six ans.
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Des camemberts dans une coopérative d'Isigny-sur-Mer, dans le nord-ouest de la France, le 4 avril 2014. (Photo d'illustration) Charly Triballeau - AFP

Pour protéger vos enfants des allergies, faites leur manger du fromage! C'est ce que l'on pourrait déduire d'une récente étude menée par le CHU de Besançon et l'Inra. L'observation d'une cohorte de 931 enfants depuis leur naissance a montré une réduction significative du risque d'eczéma et d'allergies alimentaires chez les enfants ayant consommé du fromage tôt.

Ces résultats font partie d'une plus grande enquête menée depuis 2002 sur l'évaluation de l'effet protecteur des produits laitiers vis-à-vis de l'asthme et de l'allergie, rappelle l'Inra.

Ce volet s'est donc intéressé en particulier à la consommation de fromage, "riche en diversité microbienne", souligne l'institut agronomique, chez des enfants vivant à la campagne dans cinq pays européens: Allemagne, Suisse, Autriche, Finlande et France.

Un effet sur la rhinite allergique et l'asthme, mais "pas significatif au sens statistique"

Cette consommation a été à la fois évaluée en termes de diversité et de fréquence, avec six types de fromages: pressé, semi-pressé, à pâte molle, bleu, frais et de la ferme. Les réponses sur les pratiques alimentaires et facteurs environnementaux ont été collectées par questionnaires, les maladies allergiques confirmées grâce à des diagnostics médicaux.

D'après les résultats de l'étude, la consommation de fromage a un effet "protecteur" sur les enfants face à l'eczéma et aux allergies alimentaires. Concernant les risques de rhinite allergique et d'asthme, "il y a une diminution mais elle n'est pas significative au sens statistique", explique à BFMTV.com Sophie Nicklaus, directrice de recherche au Centre des sciences du goût et de l’alimentation de l'Inra et co-auteure de l'étude. La publication scientifique rappelle également que la causalité inverse "ne peut pas être totalement écartée".

Reste à savoir si c'est plutôt la fréquence de consommation, la diversité des fromages ou les deux qui ont un effet bénéfique. Sophie Nicklaus explique avoir observé "un effet des deux", mais "ne pas pouvoir aller plus loin sur la base de données" dont les chercheurs disposaient.

Diversité des fromages ou fréquence de consommation?

"On pourrait imaginer un autre type d'étude où on demande à des enfants de consommer un type de fromage très fréquemment, ou plusieurs types de fromages un peu moins régulièrement", afin de diviser les deux, poursuit-elle.

"L'intérêt de comprendre ça", explique la scientifique de l'Inra, est de pouvoir "donner des recommandations un petit peu plus précises aux parents sur ce qui serait à favoriser".

"Par exemple un petit morceau de fromage tous les jours avec un morceau de fromage différent d'un jour à l'autre, versus un fromage de temps en temps qui n'aurait pas nécessairement besoin d'être très varié", illustre-t-elle pour BFMTV.com.