Lille: une première mondiale en chirurgie cardiaque

En passant par une veine de la jambe, les médecins du CHU de Lille ont évité à une patiente âgée et fragile une opération trop lourde pour remplacer la valve mitrale défaillante.
Image d'illustration - Opération du coeur au CHU de Lille
Image d'illustration - Opération du coeur au CHU de Lille Philippe Huguen - AFP

"Cela n'avait jamais été fait". L'équipe de cardiologie du CHU de Lille a réalisé l'exploit de remplacer une valve mitrale défaillante par une prothétique, et ce sans ouvrir le coeur ou le thorax de la patiente âgée et fragile, rapporte ce vendredi le quotidien La Voix du Nord. Réalisée en novembre, l'équipe de cardiologie a préféré attendre de voir les résultats de l'opération sur plusieurs semaines avant de communiquer sur cette avancée.

"Il n’y a eu aucune ouverture du thorax, ni du cœur. Nous avons réussi à déposer une nouvelle valve prothétique sur la valve mitrale défaillante… Cela n’avait jamais été fait", déclare le Pr Éric Van Belle, chef de l'équipe cardiologie du CHU, à La Voix du Nord.

La valve mitrale est située au niveau du coeur et est également appelée valve cardiaque. Sans conséquence dans les cas les plus légers, son dysfonctionnement peut entraîner un oedème pulmonaire et une baisse du débit cardiaque suivie d'une circulation insuffisante de sang dans les organes.

Une deuxième opération prévue en février

Les médecins sont passés par une veine de l'aine, ils ont pratiqué "une ponction dans une veine de la jambe" et ont ensuite "implanté cette valve à travers un cathéter", explique Éric Van Belle au quotidien régional. Outre la préparation des chirurgiens, la réussite de l'opération est aussi due à la prothèse de valve mitrale nouvelle génération utilisée: une valve Céphéa. 

La patiente était dans "une impasse thérapeutique" selon les médecins, sans possibilité de traitement. Cette opération était sa seule solution car elle ne pouvait pas subir d'intervention trop lourde. Elle a permis à la patiente fragile de récupérer plus vite, et de limiter les risques post-opératoires sur son coeur et ses poumons. Une deuxième intervention de ce type est prévue en février, toujours au CHU de Lille.