Les boissons sucrées associées à un plus grand risque de cancer

Dans un article paru ce mercredi dans le British Medical Journal, une équipe de chercheurs français a observé un lien entre consommation de boissons sucrées et augmentation du risque de cancer.
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Photo d'illustration. Pixabay

On connaissait l’impact des boissons sucrées sur le surpoids, l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires. En revanche, sur le cancer, peu d’études publiés. "Nous savons que l’obésité et le surpoids sont des facteurs de risque de cancer. Mais le lien entre consommation de boissons sucrées et risque de cancer n’a pas été établi. C’est ce que nous cherchons à faire", nous explique Mathilde Touvier, directrice de l’équipe de recherche en Epidémiologie Nutritionnelle à l’Inserm.

Un risque accru de cancer du sein

Au total, 101.257 participants de la cohorte française NutriNet-Santé, suivis entre 2009 et 2018, ont été inclus dans cette étude. "Ils ont rempli des questionnaires sur leur alimentation, leur mode de vie, leur consommation de tabac ou d’alcool par exemple ; et bien sûr de consommation de boissons sucrées. On a suivi et on suit encore en permanence l’apparition de nouveaux cas de maladies, notamment de cancer", ajoute la chercheuse.

Une augmentation d’environ 18% du risque de cancer

Principale conclusion: la consommation de boissons sucrées est associée à un risque plus élevé de cancer (2193 cas sur 101.257 participants), et en particulier de cancer du sein (693 cas).

Concrètement, une augmentation de 100 millilitres de la consommation moyenne quotidienne de boissons sucrées, soit un petit verre, est associée à une augmentation d’environ 18% du risque de cancer. Pas de différence entre un jus de fruits 100% pur jus et un soda. "Cet enseignement est en cohérence avec ce que recommande Santé publique France, à savoir de consommer moins d’un verre de boissons sucrées par jour", ajoute Mathilde Touvier.

Pas de lien de cause à effet

Si elle observe une association entre consommation de boissons sucrées et risque accru de cancer, cette étude n’établit pas formellement un lien de cause à effet: "Il faut que cette étude soit reproduite par des confrères à l’étranger pour étudier d’autres populations. Lorsque nous aurons une accumulation d’études, ce sera un argument supplémentaire en vue du lien de cause à effet". Un argument de plus, aussi, dans le débat national autour de la "taxe soda".