La consommation de tabac et de cannabis recule chez les jeunes

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publie ce mardi les premiers résultats d’une vaste enquête sur les usages d’alcool, de tabac et de cannabis chez les collégiens et lycéens. Il en ressort que le tabagisme et la consommation de cannabis reculent, notamment au profit de la cigarette électronique.
(photo d'illustration) AFP

C’est le fruit des réponses de plus de 20.000 collégiens et lycéens de France métropolitaine l’an dernier. Ces jeunes de 11 à 18 ans ont dû remplir un questionnaire en ligne, sur "leur bien-être, leurs comportements de santé et leur consommation de substances psychoactives".

Principale conclusion de cette étude EnCLASS (Enquête nationale en collège et en lycée chez les adolescents sur la santé et les substances): les étudiants du secondaire sont plus raisonnables qu’il y a 5 ans. C’est d’abord l’expérimentation du tabac qui recule de plus de 6 points chez les collégiens ; de 27,8 % en 2014 à 21,2 % en 2018.

"Une certaine désaffection" du tabac chez les jeunes

Cette baisse est encore plus marquée chez les élèves du lycée. En quatre ans, l’expérimentation de la cigarette recule de 8 points (de 60,9 % à 53,0 %).  L’usage quotidien, lui, concerne désormais moins d’un lycéen sur 5 ; de 23,2 % à 17,5 % soulignant selon l’OFDT "une certaine désaffection pour le produit dans ces jeunes générations".

Ce recul se produit alors que la France a compté 1,6 million de fumeurs en moins en deux ans. Résultat selon Anne-Laurence Le Faou, tabacologue à l’hôpital européen Georges Pompidou (AP-HP) d’une politique "ambitieuse et globale de prévention: augmentation du prix du paquet pour atteindre 10 euros fin 2020, paquet neutre, remboursement des substituts nicotiniques, organisation d’un 'Mois sans tabac'".

Une chute de 11 points de l’expérimentation du cannabis au lycée

Quant au cannabis, son expérimentation recule elle aussi de quatre points au collège, de 9,8 % en 2014 à 6,7% l’an dernier. Au lycée, c’est une chute de près de 11 points qui est enregistrée (de 44 à 33,1%). L'usage régulier du cannabis, c'est-à-dire au moins 10 fois dans le mois, reste lui relativement stable: il ne baisse que d'un point (de 7,7 à 6,2%) chez les lycéens entre 2015 et 2018.

En parallèle de ce recul du tabagisme et de la consommation de cannabis, l’usage de la cigarette électronique se répand: la moitié des lycéens l’ont essayée. Ils n’étaient qu’un tiers (35,1%) en 2015. Et près d’un jeune sur dix l’a fait sans avoir fumé de tabac avant ; trois fois plus qu’il y a quatre ans.

La consommation d’alcool stagne

Principale ombre au tableau, si l’expérimentation de l’ivresse au collège recule -avec moins d’un élève sur dix (9,3 %) désormais concerné, contre 13,4 % en 2014-, la consommation d’alcool stagne au lycée ces quatre dernières années.

Selon l’OFDT, "l’alcool apparaît très accessible aux lycéens et ce même s’ils sont pour l’essentiel mineurs". Plus de la moitié de ceux qui en ont consommé dans le mois l’ont fait dans un bar (56,9 %) et 4 sur 10 (40,6 %) l’ont acheté eux-mêmes dans un magasin. 

Etude menée de mars à juin 2018 auprès de 20.000 jeunes scolarisés en France métropolitaine grâce à un questionnaire en ligne.