Il n'est jamais trop tard pour se mettre au sport, selon une étude

Sans établir un lien de cause à effet, une étude américaine suggère que des personnes commençant le sport sur le tard bénéficieraient d'une baisse de mortalité similaire à celles qui en ont fait tout au long de leur vie.
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Photo d'illustration. Flickr - Charles Smith

Y a-t-il un âge à partir duquel il est trop tard pour se mettre au sport? Non, et même plutôt l'inverse, suggère une étude américaine publiée début mars dans la revue médicale Jama Network Open.

Une équipe de chercheurs de l'Institut américain du cancer, de l'université de Newcastle (Royaume-Uni) et de celle de York (Canada), ont analysé les réponses de quelque 315.000 Américains, âgés de 50 à 71 ans, sur leur pratique sportive en loisirs au cours de la vie.

En observant les différentes phases de la vie, la fréquence des pratiques sportives et le taux et les causes de mortalité de ces mêmes individus, les auteurs de l'étude ont principalement constaté deux choses.

L'important est la constance

Premièrement, il semble que ce soit la constance d'une activité sportive qui en fasse le bénéfice. Si l'on a été sportif entre 20 et 40 ans et qu'on arrête ensuite, on perd progressivement le bénéfice sur la santé.

Un bon moyen de réduire les risques de mortalité reste donc, note un auteur de l'étude auprès du Guardian, de "garder un mode de vie actif ou d'avoir une quelconque activité sportive" de sa jeunesse à la retraite. "Si vous avez été actif et vous diminuez lentement le sport avec l'âge, vous perdrez tous les bénéfices qui y sont associés", poursuit-il.

Toutefois, et c'est là une surprise de l'étude, l'analyse des résultats suggère qu'en commençant le sport même tard dans la vie, la baisse de la mortalité est similaire à celle de personnes ayant maintenu une activité sportive de loisirs tout au long de leur vie.

Ceux qui ont commencé le sport entre 40 et 60 ans et sont lentement montés à sept heures de sport (de loisir, toujours) par semaine ont vu leur risque de mortalité réduire de 35%, relève le Guardian; la même proportion que pour ceux qui n'ont jamais cessé une activité depuis leur adolescence ou leur jeunesse. Les chercheurs ont remarqué une tendance similaire en étudiant particulièrement le cancer et les maladies cardio-vasculaires, même si elle était plus marquée pour les secondes.

Des limites importantes à l'étude

L'étude présente cependant deux limites importantes, qui empêchent de conclure formellement à un bénéfice identique de l'activité sportive si elle est maintenue tout au long de la vie ou commencée tardivement.

Elle se base sur les déclarations des participants, auxquels on a demandé de se souvenir et de témoigner de leur activité sportive remontant parfois à plusieurs décennies. Ceux-ci ont pu avoir des difficultés à s'en souvenir, se tromper ou même la gonfler.

De plus, les analyses des chercheurs ont montré une association entre l'activité sportive tardive et la baisse de la mortalité. Si ce résultat n'est pas vraiment étonnant, il se peut toutefois qu'il résulte d'un régime alimentaire plus sain, d'un changement de style de vie ou d'une décision promue par un médecin et donc complétée par un traitement et/ou un suivi.