Fin de vie: "En France, on meurt mal", regrette le président du comité d'éthique

Après un nouvel arrêt des traitements de Vincent Lambert, Jean-François Delfraissy reconnaît le caractère "solide" de la loi Claeys-Leonetti. La législation demeure cependant peu appliquée, selon lui, et les soins palliatifs manquent de moyens.
Jean-François Delfraissy est le président du Comité national d'éthique depuis 2016.
Jean-François Delfraissy est le président du Comité national d'éthique depuis 2016. BFMTV

Alors que les traitements de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif depuis près de 11 ans, ont de nouveau été interrompus la semaine dernière, le président du Comité consultatif national d'éthique a rappelé qu’il s’agissait d’un arrêt des traitements et non des soins. Invité ce mardi matin sur BFMTV et RMC, Jean-François Delfraissy a souligné que la loi Claeys-Leonetti prévoyait un "arrêt de l’hydratation et de la nutrition accompagné d’une sédation profonde et continue. Le patient continue à recevoir des massages, sa bouche est humidifiée…"

En France, quelque 1200 patients sont dans un coma végétatif prolongé irréversible comme Vincent Lambert, note Jean-François Delfraissy.

"Leur perception de l’extérieur et des besoins comme la soif est probablement très faible. De plus, au moment où la sédation commence, le patient ne sent plus rien", affirme-t-il.

Certains meurent "dans des conditions indignes"

Si Jean-François Delfraissy juge la loi "solide sur le plan éthique", des lacunes subsistent dans la prise en charge des patients en fin de vie, estime-t-il.

"En France, on meurt mal", regrette-t-il. Quand la santé des personnes âgée se dégrade, cela nécessite un passage des EPHAD aux urgences qui n’est pas optimal: "Certaines meurent alors dans des conditions un peu indignes", déplore le président du Comité consultatif national d'éthique.

Il recommande de "s’emparer" de la loi Claeys-Leonetti qui est "insuffisamment appliquée. Il n’y a pas assez de moyens en soins palliatifs, les conditions de la fin de vie en France ne sont pas très bonnes".