En France, en Europe et aux Etats-Unis, les jeunes boivent de moins en moins

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les jeunes Français, Européens et Américains nés après l'an 2000 boivent nettement moins que leurs aînés. 
Des verres d'alcool fort (photo d'illustration).
Des verres d'alcool fort (photo d'illustration). Franck Perry / AFP

Généralement, quand on parle du rapport des jeunes à l'alcool, on évoque le binge-drinking, les comportements dangereux sur la route, la consommation à un âge précoce... Plusieurs études viennent cependant nuancer, voire contredire ces tendances, relève ce mardi 20 Minutes.

Celle menée à l'échelle européenne par l'OMS démontre par exemple que les jeunes sont de moins en moins nombreux à boire de l'alcool sur l'ensemble du Vieux continent.

Infographie sur la consommation d'alcool des jeunes en Europe.
Infographie sur la consommation d'alcool des jeunes en Europe. BFMTV

La tendance concerne aussi la France. Dans un rapport de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies publié en 2018 sur des données de 2017, on constatait déjà que les jeunes de 17 ans sont de moins en moins nombreux à boire, mais aussi à fumer du tabac ou du cannabis. 

Infographie sur la consommation d'alcool des jeunes en France.
Infographie sur la consommation d'alcool des jeunes en France. BFMTV

Aux Etats-Unis, d'après une étude de l'Université du Michigan datant de 2018, on observe le même phénomène. En 1998, un peu plus de la moitié des Américains âgés de 17 ans consommaient de l'alcool au moins une fois par mois (52,7%). Vingt ans plus tard, ils ne sont plus qu'un sur trois à le faire (30,2%).

La prévention et les interdictions de ventes efficaces?

Selon Sophie Choquet, qui a travaillé pour la Fondation de recherche en alcoologie et a été interrogée par 20 Minutes, ce n'est forcément pas grâce la prévention scolaire: "Tout ce qui implique une intervention à l’école qui n’est pas très efficace, voire inefficace", estime-t-elle. 

La loi, qui interdit en théorie la vente d'alcool aux mineurs, ne serait également pas très efficace, selon 20 Minutes.

Le média pointe plutôt du doigt la consommation générale d'alcool qui a nettement baissé dans les pays occidentaux. En 1961, les Français consommaient en moyenne 26 litres d'alcool pur par habitant âgé de 15 ans et plus. En 2017, ce chiffre était tombé à 11,7 litres. Un changement de mentalité des parents aurait donc pu influencer les enfants.

Netflix et les réseaux sociaux responsables de cette tendance?

Aux Etats-Unis cependant, on avance une autre théorie: les jeunes nés après l'an 2000 sortiraient beaucoup moins que leurs aînés. Dans un article de The Wired, on apprenait en 2017 que les jeunes Américains de 17 ans passent un tiers de moins de temps dehors que la génération 1987.

Les Inrockuptibles expliquaient dans un article de début 2018 que les adolescents de notre époque peuvent beaucoup plus facilement rester en contact entre eux depuis leur maison que leurs aïeux, grâce notamment aux messageries instantanées. Toujours selon l'hebdomadaire, les réseaux sociaux jouent aussi un rôle important dans le rapport des jeunes à l'alcool.

Ces derniers auraient peur de voir des images d'eux en état d'ivresse être partagées, préférant mettre en avant un mode de vie "sain". Sans compter les divertissements offerts par Internet - notamment Netflix - qui incitent à rester chez soi.