Doctolib lance son service de téléconsultation

Depuis le 15 septembre, cette consultation virtuelle avec un médecin peut être prise en charge par l'Assurance maladie à certaines conditions. Si cet outil peine aujourd'hui à décoller, le leader de la prise de rendez-vous médicaux en ligne mise sur sa force de frappe pour inverser la tendance.
Téléconsultation
Doctolib lance son service de téléconsultation ce dimanche après deux mois d'expérimentation. Sous licence Creative Commons CC0

La téléconsultation va-t-elle enfin prendre son envol? Après deux mois d'expérimentation, Doctolib, le leader français de la prise de rendez-vous médicaux en ligne, lance ce dimanche son service de consultations à distance.

"On a eu des milliers de demandes de nos médecins de lancer la téléconsultation et de leur donner la capacité de le faire pour leurs patients, et on a eu aussi des milliers de demandes de patients, qui veulent faciliter leur accès aux médecins", nous explique Stanislas Niox-Château, président et cofondateur de Doctolib.

Le principe de la téléconsultation est simple: permettre aux patients de recourir à un entretien vidéo à distance avec son médecin, uniquement lorsque leur pathologie le permet.

"Cela doit être un recours au cas par cas", estime Joël Valendoff, médecin généraliste. Ce praticien parisien teste le service de Doctolib depuis plus d’un mois. "Cela peut rendre service dans certains cas. Par exemple, lorsqu’un patient veut un renouvellement d’ordonnance qui ne requiert pas d’examen clinique, ou pour les malades chroniques comme les hypertendus ou diabétiques qui souhaitent que je leur explique tel ou tel résultat d’analyse. Dernier exemple vécu: pour une cystite (une infection urinaire, NDLR), je ne vois pas l'intérêt de passer 3 heures dans ma salle d’attente. Mais au moindre doute, c’est consultation physique."

Un remboursement à certaines conditions

Depuis le 15 septembre dernier, l'Assurance Maladie prend en charge la téléconsultation dans les mêmes conditions qu’une consultation "en présentiel", à condition que les patients se tournent vers leur médecin traitant, ou vers un spécialiste qui les a vus physiquement dans les 12 derniers mois. Mais l'outil a encore du mal à décoller.

Interrogée sur le nombre de remboursements effectués depuis quatre mois, l’Assurance maladie nous précise qu’"un premier bilan chiffré à 6 mois du nombre de téléconsultations facturées sera disponible en mars prochain. Un bilan trop précoce aurait en effet peu de sens, dans la mesure où le déploiement des actes de téléconsultations nécessite du temps".

Un développement massif de la téléconsultation ?

Avec sa force de frappe, ses 40.000 médecins inscrits et ses 30 millions d’utilisateurs mensuels, Doctolib espère bien inverser la tendance:

"Il y a plein de plateformes qui existent, qui salarient des médecins et qui font de la téléconsultation une entreprise. Moi je ne crois pas du tout à ça. On doit donner aux médecins une technologie, un service, qui permette de prendre en charge leurs propres patients en téléconsultation. Tant que les médecins n’avaient pas cet outil-là, il ne pouvait pas y avoir un développement massif de la téléconsultation", juge Stanislas Niox-Château.

"A partir de demain, directement dans l’agenda, en un clic, nos médecins pourront programmer qu’ils font 3 téléconsultations par jour. Du point de vue des patients, ils iront sur notre site. Ils auront le choix entre un rendez-vous physique et un rendez-vous par téléconsultation", détaille l’entrepreneur.