Des patientes réclament une enquête pénale concernant les implants contraceptifs Essure 

Plusieurs dizaines de patientes ayant été victimes de graves effets secondaires liés à ce contraceptif irréversible commercialisé par Bayer "cherchent des réponses".
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Image d'illustration - Micro implant de contraception irréversible Anne-Christine Poujoulat - AFP

Près de 70 patientes et leurs proches ont déposé une plainte pénale après des effets indésirables du dispositif contraceptif Essure, dont Bayer a cessé la commercialisation en Europe en 2017, a appris l’AFP de sources concordantes.

Contraception définitive et irréversible, Essure est une méthode de stérilisation consistant à introduire, par les voies naturelles, des mini-implants dans les trompes pour déclencher une cicatrisation qui va les obstruer.

Des "femmes mutilées" qui "cherchent des réponses"

La plainte contre X, déposée auprès du pôle santé du tribunal de grande instance de Marseille, vise des faits de "blessures involontaires, mise en danger et, possiblement, tromperie aggravée", selon le document consulté.

"On ne désigne personne à la vindicte mais ces femmes qui ont été implantées et explantées, donc mutilées, cherchent des réponses", a déclaré Me Stephen Duval, confirmant une information du Parisien.

"Pourquoi ont-elles perdu pour certaines, leur utérus, leurs trompes et même leurs ovaires ?", a-t-il interrogé, citant les cas de femmes chez qui six implants ont été posés - quand deux sont nécessaires - et d'autres implantées malgré leur allergie au nickel.

L'avocat réclame l'ouverture d'une enquête pénale pour que "tout soit observé", pointant du doigt une "défaillance de toute la chaîne de prise en charge jusqu'à l'ANSM", l'agence nationale de sécurité du médicament, alertée par des patientes.

De graves effets secondaires

Commercialisé en France en 2002, le dispositif avait été placé sous surveillance renforcée en 2015 par l'ANSM. Le groupe pharmaceutique Bayer avait arrêté "pour une raison commerciale" la distribution d'Essure partout dans le monde, excepté aux Etats-Unis, en 2017.

Le marché américain, où là aussi le produit était contesté pour ses effets indésirables (saignements, douleurs, forte fatigue, réaction allergique, dépression...), fut concerné un an plus tard. Dans cette affaire, le laboratoire est par ailleurs visé depuis 2017 par une action de groupe regroupant plusieurs centaines de patientes.