Déremboursement de l'homéopathie: la décision irrite patients, pharmaciens et laboratoires 

Le gouvernement a décidé de dérembourser les produits homéopathiques. Ce processus annoncé dès ce mardi par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, sera progressif. Mais l'homéopathie a aussi ses partisans dans le monde de la santé. 
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(Photo d'illustration) BFMTV

Il n'y avait pas grand suspense mais Agnès Buzyn y a tout de même mis fin ce mardi. La ministre de la Santé a en effet annoncé l'intention du gouvernement de suivre l'avis de la Haute autorité de santé qui, dans un document remis fin juin, posait que l'efficacité de l'homéopathie n'était pas établie. Elle sera donc déremboursée, et totalement. Cependant, l'Etat mettra fin à la prise en charge progressivement: le 1er janvier 2020, la part endossée par la sécurité sociale tombera à 15% contre 30% actuellement. En 2021, il ne faudra même plus y penser: l'Etat ne versera plus rien s'agissant de l'homéopathie. Dans les pharmacies et les laboratoires, la nouvelle fait parler. 

Craintes sur l'emploi

Devant les caméras de BFMTV, une patiente a montré une certaine désapprobation au sujet de cette décision: "Je pense que ça n’endommage pas mon corps, je suis enceinte, et je peux continuer à me soigner par l’homéopathie."

De plus, en-dehors du seul déremboursement, le prix du produit homéopathique va mécaniquement partir à la hausse. C'est ce que nous explique, Maxence Rémond, pharmacien: "La TVA dessus change. Elle sera supérieure, donc le prix automatiquement croît, et parce que le laboratoire est alors libre de fixer son prix et le pharmacien aussi directement après. Donc le prix du médicament double voire triple."

Du côté des laboratoires, on craint pour l'emploi. 1300 d'entre eux seraient menacés par la fin du remboursement de ces produits dont la vente a représenté l'an passé 125 millions d'euros. 

"On a un maillage de 28 établissements, ça va être un manque à gagner et une casse pour l’emploi énormes. Nous ce que nous voulons, c’est de maintenir cette thérapeutique qui est plébiscitée par les Français", a déclaré Vincent Mounier, Force ouvrière Boiron.