Après la dépakine, de nouveaux médicaments soupçonnés de favoriser la malformation des fœtus

Dans un rapport publié ce jeudi, l'Agence du médicament alerte sur cinq médicaments qui multiplient par trois le risque de malformation. 30.000 enfants pourraient être touchés.
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La quadragénaire a avalé l'emballage du médicament sans s'en rendre compte. AFP archives

Cinq nouveaux médicaments sont pointés du doigt pour favoriser les malformations des fœtus, alerte un rapport de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) publié ce jeudi. L'organisme qui dresse une échelle des risques pour 21 antiépileptiques, précise que la Dépakine reste le médicament présentant le plus grand risque.

Un risque multiplié par cinq

L'ANSM dévoile que la Dépakine et de ses dérivés multiplient par cinq le risque de favoriser une malformation du futur enfant. Mais l'agence cite également le topiramate,  le phénobarbital, la primidone, la carbamazépine et la phénytoïne, qui augmentent par trois le risque par rapport à la population non-traitée. 

"L'existence d'un risque avec ces antiépileptiques était connu, mais pas quantifié", explique le Dr Philippe Vella de l'ANSM.

Bec-de-lièvre et hypospadias

L'agence précise que le topiramate (Epitomax et ses génériques) entraîne un risque accru de malformations orales de type bec-de-lièvre et également plus d'anomalies au niveau de la verge avec l'orifice de l'urètre anormalement positionné (hypospadias).

Ce médicament a été prescrit à environ 30.000 femmes en âge de procréer en 2015. Mais il est également pris en dehors des indications officielles, notamment à des fins amaigrissantes ou pour des troubles bipolaires, ce qui  présente un risque potentiel de troubles neuro-développementaux.

30.000 enfants potentiellement atteints

Jusqu'à 30.000 enfants pourraient donc avoir été atteints par des troubles de développement (autistiques, retards mentaux, difficultés ou retards de langage) après avoir été exposés à la Dépakine dans le ventre de leur mère ces cinquante dernières années, selon la première estimation officielle délivrée par l'ANSM et l'Assurance maladie en juin 2018. Auxquels s'ajoutait une estimation de 2000 à 4000 victimes de malformations.

L'agence conseille donc aux femmes de consulter sans délai leur médecin en cas de grossesse pour savoir s'il faut modifier le traitement et de ne pas arrêter le traitement sans consulter. Elle a également mis en place un formulaire complémentaire pour mieux signaler les cas d'exposition d'enfants à des antiépileptiques au cours de la grossesse.
    
Le 14 mai prochain, elle réunira un comité d'experts indépendants pour proposer des mesures complémentaires de réduction des risques liés à l'exposition in utero aux antiépileptiques.