Le chanteur d'opéra Placido Domingo accusé par neuf femmes de harcèlement sexuel

Neuf femmes -huit chanteuses et une danseuse- accusent le ténor de harcèlement sexuel. L'artiste nie les faits.
Placido Domingo
Placido Domingo Christophe Simon - AFP

Le célèbre chanteur d'opéra espagnol Placido Domingo, 78 ans, est accusé par neuf femmes -huit chanteuses et une danseuse- de harcèlement sexuel.

Les faits, relatés par l'agence The Associated Press (AP), se seraient déroulés au cours des 30 dernières années lorsque la star était directeur des Opéras de Los Angeles et Washington. La plainte la plus ancienne remonte à 1980. Selon sept des accusatrices, refuser les avances de Domingo aurait eu un effet négatif sur leur carrière. 

"C’était du harcèlement sexuel", a affirmé la mezzo-soprano Patricia Wulf. "Quand un homme se tient si près de vous avec un sourire en coin et vous demande à maintes reprises si vous devez rentrer à la maison, je ne peux pas trouver d’autres conclusions que le fait qu’il voulait me mettre dans son lit. Encore plus quand il a la réputation de faire ça."

La chanteuse, seule accusatrice à ne pas parler sous couvert d'anonymat, ajoute: "Ça a affecté ma manière de me comporter avec les hommes, ma carrière dans l’opéra et le reste de ma vie." Les neuf femmes ont été soutenues dans leur démarche par une trentaine de personnalités de l'Opéra qui elles aussi dénoncent le comportement déplacé du ténor. 

"Il est douloureux d'apprendre que j'aie pu contrarier quiconque"

L'artiste lyrique s'est vivement défendu: "Ces accusations de la part de ces femmes anonymes, remontant pour certaines à 30 ans, sont vraiment dérangeantes et, comme elles le sont présentées, inexactes", à-t-il déclaré à AP avant de déplorer ces allégations à son égard:

"Malgré tout, il est douloureux d'apprendre que j'aie pu contrarier quiconque ou que j'aie pu les mettre mal à l'aise – peu importe à quand remontent les faits et malgré mes meilleures intentions. Je pensais que toutes mes interactions et relations avaient toujours été consensuelles. Les gens qui me connaissent ou qui ont travaillé avec moi savent que je ne suis pas quelqu'un qui va intentionnellement faire mal, offenser, ou mettre mal à l'aise quelqu'un."

Et Placido Domingo de conclure: "Cependant, je dois reconnaître que les règles et standards par lesquels nous sommes – et nous devrions – être jugés aujourd'hui sont vraiment différents de ce qui avait cours par le passé."