Sigma fp, l'appareil photo hybride plein format le plus petit et le plus léger du monde

Sigma créé la surprise en annonçant son premier appareil photo hybride à capteur plein format. Un appareil qui joue la carte de la compacité et qui intègre, pour la première fois chez Sigma, un capteur CMOS à matrice de Bayer et non pas un traditionnel Foveon.

Vous attendez avec impatience de voir ce que va donner le premier appareil photo à capteur plein format à technologie Foveon annoncé par Sigma pour l’an prochain ? Eh bien continuez d’attendre : Sigma créé aujourd’hui la surprise en annonçant un nouveau boîtier, mais il ne s’agit pas du « super » Foveon tant attendu qui aurait un an d’avance. Le « fp » de son petit nom est un boîtier « sorti du chapeau » dont Sigma n’avait jamais parlé et qui joue la carte de la compacité.

Pesant 422 g avec sa batterie et sa carte mémoire SD, mais sans optique (370 g nu), le fp est réellement l’appareil photo numérique à capteur 24 x 36 mm le plus léger jamais lancé, le premier Sony Alpha A7 lancé en 2013 pesant en effet 52 g de plus (416g nu, 474g avec batterie et carte mémoire). Côté encombrement, c’est la même chose, puisque cette grosse boîte d’allumettes n’a pas grand-chose qui dépasse, Sigma ayant fait l’impasse sur le viseur et aussi, malheureusement, sur la stabilisation du capteur. Comme le rapportent nos confrères de DPReview, qui ont eu l'opportunité d'assister au lancement japonais de l'appareil, le nom de "fp" veut dire fortissimo pianissimo, les deux nuances musicales extrêmes (fortissimo signifiant "très très fort" et pianissimo "très très faible"). Sans doute pour mettre en valeur qu'un si petit boîtier envoie du lourd (en mode poésie du XXIe siècle).

Obturateur électronique uniquement

Cette réduction du volume (112,6 × 69,9 × 45,3 mm) a été rendue possible par un choix radical : l’éviction de l’obturateur mécanique. Le Sigma fp ne fonctionne ainsi qu’avec un obturateur électronique, un système qui a comme avantage de faire gagner de la place et de permettre des vitesses d’obturation théoriquement de deux à quatre fois plus rapides que son pendant mécanique. Nous disons « théoriquement », car dans le cas du fp, Sigma a limité le temps d’obturation au 1/8000e, la vitesse maximale classique des obturateurs mécaniques des boîtiers professionnels. L’obturateur électronique permet à Sigma de proposer une rafale maximale théorique de 12 images par seconde. Un chiffre impressionnant, mais qu’il faut pondérer par la limite des 12 images consécutives que l’appareil est capable d’ingérer.

Autre avantage de l’obturateur électronique : la possibilité de shooter très rapidement et sans choc trois photos consécutives pour générer un fichier HDR dans le boîtier.

Il faudra cependant voir à l’usage comment Sigma a pu gérer les défauts inhérents des obturateurs électroniques, notamment le rolling shutter dans les scènes d’action et en vidéo (oui, vous avez bien lu le mot « vidéo » dans une actualité Sigma, lisez donc plus loin !).

Pas de Foveon, mais bien de la monture L

Outre son savoir-faire d’opticien, Sigma a une autre compétence unique dans le marché des appareils photo numériques : la maîtrise de son capteur. Appelé Foveon, ce capteur à couches superposées est très différent des capteurs traditionnels et s’avère à la fois une force – rendu des couleurs, piqué d’image – et une faiblesse – lenteur, bruit numérique – pour Sigma.

Or, pour la première fois de son histoire, la marque met (temporairement) de côté le capteur Foveon et intègre un « simple » capteur plein format à matrice de Bayer. Un capteur CMOS 24,6 Mpix qui intrigue forcément – s’agit-il du même que celui intégré dans le Panasonic S1 ou dans le Leica SL ?

En tous cas, le fp sera bien compatible avec ces deux appareils de marques partenaires puisqu’il fonctionne avec les optiques en monture L, issue du partenariat entre Leica, Panasonic et Sigma entériné à la Photokina de Cologne en septembre 2018 dernier. Et ça tombe bien, puisque Sigma annonce dans la foulée ses trois premières optiques natives L (les 12 optiques annoncées en février 2019 dernier ne sont que des adaptations d’optiques développées pour les reflex plein format) : un 14-28 mm f/2.8, un 35 mm f/1.2 et un pancake 45 mm f/2.8. Ci-dessus, vous pouvez voir le SIgma fp avec le petit 45 mm f/2.8 équipé de son pare-soleil.

Taillé pour la photo… et la vidéo !

Sigma a commencé à se faire un nom en vidéo grâce à ses optiques cinéma. Et semble décidé à faire de même du côté des boîtiers, ce qui est une très grosse surprise. Pourquoi ? Parce qu'habitué à être limité en vidéo par son capteur Foveon (Sigma est passé d’un mode VGA à... pas de vidéo du tout !), Sigma n’a pas accumulé un grand savoir-faire dans la captation et l’encodage vidéo. Seul ou avec l’aide d’un tiers – Panasonic ? – Sigma fait ici le grand saut avec son fp qui enregistre la vidéo 4K UHD à 24 images par seconde en Cinema DNG, le format ouvert d’Adobe pour l’encodage vidéo professionnel. Le tout avec une prise USB 3.1 de Type C pour une sortie data en RAW et une prise HDMI 1.4 pour une prévisualisation sur écran externe.

Minimaliste dans sa présentation de base, le fp est cependant conçu comme un système modulaire avec de nombreux modules optionnels – de très nombreux grips, un système de griffe amovible, etc. – qui convient parfaitement à la mode des caméras à la carte que l’on a vu naître à la suite de l’avènement du Canon EOS 5D Mark II.

Les inconnues

Plusieurs inconnues nimbent le Sigma fp de mystère : quel sera son prix ? Quand sera-t-il disponible ? Quelle est l’autonomie de sa batterie en photo et en vidéo ? La captation vidéo se fait-elle en 6K pleine largeur de capteur comme chez Sony et Panasonic ou y a-t-il un recadrage violent façon Canon?
Selon Sigma France, que nous avons joint par téléphone, ces informations devraient arriver dans les semaines qui viennent.