Ces singes écrivent du Shakespeare par la force de la pensée

Grâce à une technologie permettant de relier le cerveau à un ordinateur et d’analyser les ondes cérébrales, les primates sont capables de taper environ 12 mots par minute.

Jemima Gibbons via Flickr CC

Des chercheurs de l’université de Stanford (Californie) ont fait taper des textes de Shakespeare et du New York Times à des singes en utilisant seulement leur cerveau, a annoncé l'université américaine le 12 septembre. Ni clavier, ni souris, ni écran tactile: pour recopier les textes, les ondes cérébrales des primates suffisent. 

Grâce à une interface cerveau-machine, une technologie permettant de relier le cerveau à un ordinateur via à des électrodes placées sur le crâne, les scientifiques sont capables de collecter et d’analyser les ondes cérébrales produites par le cerveau. Ici, les scientifiques ont directement implanté ces électrodes dans le cerveau des singes, afin qu’elles lisent les signaux émis par les zones qui dirigent les mouvements des bras et des mains nécessaires pour déplacer une souris d’ordinateur. 

Clavier et souris virtuels à déplacer par la pensée

Les singes, qui au préalable avaient été entraînés à taper des lettres correspondant à ce qu’ils voyaient sur un écran, devaient donc recopier des phrases à l’aide d’un clavier virtuel et d’un curseur. Le curseur bougeait en analysant les ondes cérébrales des singes, afin de déterminer à quel endroit de l’écran ils souhaitaient le déplacer, et donc quelle lettre ils souhaitaient taper. La lettre suivante qu’il fallait taper pour écrire la phrase se colorait en vert, et un son avertissait les singes en cas d’erreur. S’ils se trompaient, ils devaient effacer la lettre erronée, à l’aide d’un bouton sur le clavier virtuel. 

Ce n’est pas la première fois que des scientifiques réalisent ce genre d’expérience. Mais les chercheurs de Stanford affirment que leur méthode a permis d’améliorer la précision de l’algorithme interprétant ce que les singes voulaient taper, ce qui entraîne moins d’erreurs et donc une meilleure vitesse de frappe. Les singes participant à cette expérience ont tapé à une vitesse moyenne d’environ 12 mots par minute, soit trois fois plus vite qu’auparavant selon les chercheurs. 

Evidemment, 12 mots par minute est une vitesse bien plus lente que celle d’un humain qui taperait sur un clavier physique ou un écran tactile de smartphone. Et les scientifiques reconnaissent que les humains utilisant le même matériel que les singes taperaient probablement plus lentement encore, car ils pourraient avoir besoin de réfléchir à ce qu’ils veulent dire ou à l’orthographe d’un mot.  Mais ils estiment avoir atteint une vitesse “suffisante pour des conversations profondes”, en particulier pour des handicapés qui n’ont aujourd’hui aucun autre moyen de s’exprimer. Ils misent également sur l’aide des logiciels d’auto-complétion, par exemple sur Google ou dans les claviers virtuels de smartphone. En prédisant ce que souhaite écrire l’utilisateur, la vitesse de la frappe par ondes cérébrales pourrait grandement s’améliorer.