Que signifient ces symboles sur votre clavier?

Frank May picture alliance DPA

LA QUESTION TECH – Sur nos claviers, nous ne faisons plus vraiment attention à tous les symboles et caractères figurant sur les touches. Découvrez l’histoire de cinq caractères plus ou moins connus.

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Ce symbole est parfois appelé arrobe en français. Mais le terme d'arobase est le plus employé dans le langage courant. Ce signe porte des surnoms imagés dans de nombreuses langues: "escargot" en français, "strudel" en hébreu, "queue de singe" et même "petit canard" en grec.

D’après le linguiste Berthold Louis Ullman, l’arobase est la fusion de deux caractères consécutifs: les lettres a et d du mot latin signifiant "à", "vers", "chez". Sa première apparition remonterait au VIe siècle. Les moines copistes auraient été les premiers à utiliser ce signe au Moyen Age pour gagner de la place sur les manuscrits en enroulant le d de "ad" autour du a. Au XIIe siècle, on retrouve ce symbole dans les comptes des marchands florentins pour symboliser une unité de poids et de mesure: l'amphore.

C'est aux Etats-Unis que l'usage de l'arobase s'est vraiment répandu au XIXe siècle pour noter le prix unitaire des marchandises. Par exemple, "deux chaises à 20 dollars pièces" se notait "2 chairs @ $ 20" et se lisait "two chairs at twenty dollars". Les Américains disent toujours "at".

L’usage comptable est resté et a naturellement été intégré sur les claviers des machines à écrire américaines dès 1885. Ce symbole s’est ensuite retrouvé sur le clavier des ordinateurs même, bien qu’il ait perdu de son sens. Mais c'est précisément grâce à cette absence de signification dans le langage courant qu'il fut utilisé par les informaticiens comme marqueur logique et inséré dans les caractères informatiques standard. En 1971, Ray Tomlinson, l’inventeur du courrier électronique, a eu l’idée d’utiliser ce signe signifiant "at" et servant à localiser les choses. Employé comme séparateur dans les adresses électroniques, le @ permet d’indiquer la localisation des serveurs (ou boîtes aux lettres) de courrier électronique.

Depuis, l’arobase est devenu le symbole d’Internet.

L’esperluette, également appelée perluette ou "et commercial", résulte de la ligature des lettres de la conjonction de coordination "et" et possède la même signification. On en attribue l’invention à Tiron, secrétaire de Cicéron et auteur d’une méthode de sténographie (les "Notes Tironiennes") utilisée jusqu’à la fin du XVe siècle. Comme pour l’arobase, ce sont les moines copistes médiévaux qui, pour gagner de la place, l’ont utilisé de manière intensive, lui donnant au fur et à mesure la forme que nous lui connaissons.

L’origine du mot "esperluette" daterait du XIXe siècle. Ce caractère considéré comme la 27e lettre de l’alphabet se lisait "ète" et était placé à la fin de l’alphabet, de sorte que les enfants récitaient l’alphabet comme ceci: "z et puis le ète", ce qui aurait donné ensuite "éperluette" puis "esperluette. Une autre théorie lui donne l’origine suivante: esperluette viendrait de "espère lue et" (on espère qu’elle soit lue "et").

L’esperluette est l’un des rares caractères à avoir le même sens dans de nombreuses langues. Elle est d’un usage courant en anglais, sous le nom d’ampersand. En français, elle est moins utilisée, et même rejetée dans la langue littéraire. Son utilisation en français est essentiellement circonscrite à un usage commercial et publicitaire. Elle est aussi classiquement utilisée dans l'abréviation "M. & Mme".

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Le croisillon ou hashtag est souvent confondu avec le dièse  utilisé en musique. Le croisillon a les deux barres transversales horizontales, alors que celles du dièse sont montantes. Pour des raisons pratiques, le dièse et le croisillon se retrouvent sous la même forme sur un clavier, ce qui explique la confusion.

Les noms attribués au croisillon sont nombreux dans les pays anglo-saxons, qui ont probablement été les premiers à utiliser massivement ce caractère. Les Anglais l’appellent hash (d’où le terme hashtag) et les Américains l’appellent pound car ce symbole représente l’unité de poids.

Les Américains utilisent souvent le croisillon pour numéroter. Au lieu d’utiliser No comme le font les Anglais, les Américains préfèrent le #. On trouve souvent cet emploi dans le domaine du cinéma et de la télévision pour désigner un épisode. Par exemple, dans les séries télévisées, on écrira "Episode No. 12" au Royaume-Uni et "Episode #12" aux Etats-Unis.

En France, l’usage du croisillon est cantonné aux mathématiques. Mais ce symbole a connu une nouvelle vie grâce à l’apparition des hashtags, ces mots-clés utilisés sur les réseaux sociaux. L’appellation "mot-dièse" est d’ailleurs erronée puisqu’il s’agit en réalité d’un croisillon.

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Si ce drôle de symbole est placé sur la même touche que le dollar et la livre sterling, ce n’est pas un hasard. Ce caractère a pour nom "symbole monétaire" et est utilisé lorsqu’il n’existe pas de caractère attribué à une devise, comme $ pour le dollar ou £ pour la livre sterling par exemple. Difficile à imaginer mais sa forme est censée représenter une pièce de monnaie scintillante.

En 1972, ce signe a été intégré dans le codage des caractères informatiques pour remplacer le signe du dollar. Les experts de plusieurs pays chargés des questions de standardisation ne souhaitaient pas que le dollar symbolise la monnaie. Ce caractère neutre a donc été choisi pour symboliser la monnaie au sens large. Le signe dollar a été rajouté plus tard et le ¤ est resté.

En pratique, le symbole monétaire est rarement employé. Il prend de la place inutilement sur le clavier, peut-être pour la réserver à des futurs symboles. On peut parfois le rencontrer lorsqu’un programme informatique ne reconnait pas le codage. Il affiche ¤ pour remplacer le symbole choisi à l’origine. 

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Ce tiret spécial est connu sous le nom de tiret bas, sous-tiret, souligné, caractère de soulignement ou encore underscore en anglais. Il est apparu sur les machines à écrire et servait à souligner un mot. Il fallait cependant bien manipuler sa machine: repartir en arrière jusqu’au mot désiré puis taper le signe en question. Ses noms de "souligné" ou "caractère de soulignement" viennent ainsi de son passé mécanique.

Aujourd'hui plus connu sous le terme de tiret bas, il ne doit pourtant pas être confondu avec le tiret habituel qui est un signe de ponctuation. Ce symbole ne joue aucun rôle dans une phrase. Il serait ainsi plus juste de parler de "souligné".

Le souligné est surtout utilisé pour créer un espace ou séparer. Par exemple, il peut servir à créer un champ à compléter dans un formulaire (exemple : ______). L'espace étant la plupart du temps interdit par les contraintes techniques, il peut servir à la remplacer (comme dans les noms de fichiers par exemple).

Apprécié sous le nom d’underscore pour ses sonorités anglophones, ce symbole est incontournable sur Internet où il est utilisé pour séparer. Par exemple, dans les adresses mails pour dissocier nom et prénom. Enfin, il est aussi très pratique pour certains smileys, comme ceux-ci:  ^__^    -__-'.