La Cnil le répète, copier/coller un message Facebook pour protéger ses données ne sert à rien

Par méconnaissance, des internautes publient régulièrement un post demandant la protection de leurs données sur Facebook. Un message qui n'a aucune valeur, rappelle la Cnil.
cc Simon

On voit régulièrement fleurir dans les fils d’actualité des utilisateurs de Facebook des messages contre l’exploitation des données personnelles ou le passage du réseau social à un modèle payant. La Cnil a tenu à rappeler aux internautes que ce message est sans valeur.

"Chaque année il revient! Et chaque année, nous rappelons que ce type de message n’a aucune valeur juridique et ne garantit en rien la protection de vos données, de vos créations, de vos photos publiées sur Facebook. Il ne sert donc à rien de le partager sur votre mur", écrit la Cnil sur Facebook.

Pour commencer, la Commission rappelle qu’en s’enregistrant sur Facebook, on accepte l’ensemble des conditions générales d’utilisation. Dès qu'on clique, on permet au réseau social d’utiliser un nombre colossal d'informations personnelles. 

Facebook peut récupérer des données sur ce que l'on publie, d'autres liées à la liste d'amis ou encore aux appareils que l'on utilise pour se connecter. Et ce que l'on sait moins, il peut aussi recueillir des données lorsque l'on surfe sur d'autres sites, pourvu que ceux-ci utilisent un service Facebook comme, par exemple, un bouton pour publier directement du contenu sur le réseau social.

Tous ces éléments peuvent servir, explique clairement Facebook sur la page dédiée à sa politique d'utilisation des données, à améliorer ses services... mais surtout à diffuser des publicités ciblées.

Un message truffé d'erreurs

Un autre point montre que le message d'avertissement partagé sur Facebook est sans valeur: il est tout simplement plein d'incohérences. Pour commencer, Facebook n’a jamais été une entité publique mais une entreprise privée. D’autre part, la loi à laquelle le message fait référence est le Uniform Commercial Code, un ensemble de textes législatifs américains dont l’objectif est d’harmoniser les lois commerciales entre les différents Etats. Et le statut de Rome est le traité international qui a créé la Cour pénale internationale. Rien à voir donc avec d’éventuelles violations de la vie privée sur un réseau social.

Dans son post Facebook, la Cnil rappelle donc que pour protéger ses données, il faut:
- bien lire les conditions générales d’utilisation d’un réseau social avant de l'utiliser,
- vérifier régulièrement ses paramètres de confidentialité, 
- ne pas publier d'informations trop personnelles;
- exercer les droits prévus par la loi informatique et libertés.

Quant à ceux qui voudraient vraiment éviter de partager leurs données personnelles, il n’ont qu’une seule solution: se désinscrire!