TPMP: après la polémique, Hanouna fait réagir en direct des associations de lutte contre l’homophobie

L’animateur-vedette, dans le viseur du CSA après une séquence qualifiée d’homophobe, est revenu ce vendredi sur ces images dans Touche pas à mon poste, invitant des responsables d’associations spécialisées à prendre la parole.
Cyril Hanouna est revenu sur la séquence qui a choqué de nombreux téléspectateurs Canal+

Habitué à causer la controverse avec son émission Touche pas à mon poste sur C8, Cyril Hanouna fait de nouveau face à un retour de bâton médiatique. En cause, une séquence diffusée en direct ce jeudi: lors de son prime-time Radio Baba, l’animateur a piégé par téléphone des personnes homosexuelles.

Ces dernières ont appelé le plateau en pensant répondre à une fausse annonce postée sur le site VivaStreet par l’animateur, dans laquelle un jeune homme bisexuel recherchait des rencontres sexuelles. L’animateur leur a répondu en adoptant une voix et des manières efféminées, les incitant aux échanges salaces sous les rires du public.

Ces images ont donné lieu à un raz-de-marée de réactions négatives sur les réseaux sociaux, venant d’anonymes comme d’associations de lutte contre l’homophobie, ainsi qu’à 5.000 signalements recueillis par le CSA. Une polémique sur laquelle l’animateur et son équipe sont revenus sur le plateau de Touche pas à mon poste ce vendredi.

Semi-mea culpa

"S'il y a certaines personnes qui se sont plaintes, ça veut dire que ça a dû les blesser, donc on a commis une erreur quelque part", a commencé par reconnaître l’animateur, qui explique néanmoins avoir été "blessé": "La xénophobie, le racisme, l’homophobie, l’antisémitisme, c’est tout ce que je combats dans cette émission", a-t-il affirmé. Il s’est alors tourné vers ses chroniqueurs qui, s’ils reconnaissent timidement une possible maladresse, sont tous montés au créneau pour le défendre. À l’image de Gilles Verdez, qui n’a pas tari d’éloges sur la "tolérance" de son patron.

La caméra s'est alors intéressée à Kévin, l'un des appelants piégés la veille. Présent dans le public, "par hasard" selon Cyril Hanouna, le jeune homme a adressé un signe de tête difficile à traduire à l'animateur qui l'interpellait, mais n'a pas été invité à s'exprimer.

Après cette introduction, le présentateur a laissé la parole à deux responsables d’association joints par téléphone. Le premier, Joël Deumier (président de SOS Homophobie), n’a pas mâché ses mots.

"Vous avez une responsabilité particulière"

Après avoir souligné l’inquiétante augmentation d’actes homophobes en France, Joël Deumier a évoqué les "responsabilités" de celui qui tient l’un des access-prime time les plus suivis de France:

"Vous avez une responsabilité particulière quand vous tenez ce genre de propos et que vous faites un canular qui moque les homosexuels", a expliqué le président d’association à Cyril Hanouna. Pour lui, ce sont les images de ce genre qui "contribuent à augmenter l’homophobie dans le pays" et qui "incitent les gens à être homophobes."

Joël Deumier a par ailleurs insisté sur la portée insoupçonnée que peuvent avoir ces canulars:

"L’homophobie, ce n’est pas qu’une agression physique. Ça va du simple regard, de la simple remarque à des actes plus graves, comme le meurtre. Vous légitimez en partie la montée de l’homophobie dans le pays", a-t-il accusé. Enfin, il a déploré qu’à travers son sketch, l’animateur ait "véhiculé un stéréotype que (son) association passe (son) temps à déconstruire, puisqu’il est la source de l’homophobie."

"Il faut travailler ensemble"

Alexandre Marcel, porte-parole de Stop Homophobie, lui a succédé. Il a rappelé la situation des homosexuels de Tchétchénie, accusée de kidnapper et d’exécuter ses ressortissants gays, et a lancé un appel à l’animateur :

"Moi, je pense que si vous avez des lacunes sur l’homophobie il faut travailler ensemble (…) Bien loin de moi de penser que vous êtes un homophobe. Vous utilisez l’humour. C’est là-dessus qu’on compte sur vous (…) Vous êtes victime du fait que tous les médias français ne s’occupent pas de la réalité de l’homophobie, n’éduquent pas la population. On a besoin d’éduquer le public, et ça ne peut passer que par des médias forts comme vous." 

Alexandre Marcel en a profité pour proposer à l'animateur de passer dans son émission, pour une "formation collective rapide" aux enjeux de l’homophobie. Rendez-vous pris?