<em>Our Boys</em>: les enlèvements qui ont mené à la guerre de 2014 à Gaza racontés en série

HBO démarre la diffusion de Our Boys, qui revient sur les enlèvements meurtriers qui ont mené aux affrontements de 2014 à Gaza.
"Our Boys" HBO

Une enquête policière, sur fond de crimes de haine et de conflit géopolitique. Avec Our Boys, série en 10 épisodes diffusée depuis lundi sur HBO, la chaîne américaine revient sur l'un des faits-divers les plus marquants de ces dernières années en Israël: deux enlèvements consécutifs qui ont mené à la guerre de Gaza de 2014.

Le 12 juin, Naftali Fraenkel, Gil-Ad Shaer et Eyal Yifrah, trois jeunes Israéliens, sont enlevés en Cisjordanie par des militants du Hamas alors qu'ils faisaient de l'auto-stop. Ils sont retrouvés morts dans le sud du pays deux semaines plus tard. En représailles, des adolescents israéliens kidnappent un Palestinien de 16 ans, Mohammed Abou Khdeir, et le brûlent vif. S'ensuit une escalade de violence qui fait plus de deux milliers de morts, principalement Palestiniens, dans la bande de Gaza cet été-là. 

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Our Boys suit l'enquête de Shlomi Elkabetz, agent (fictif) du service de sécurité intérieure israélien (Shin Beth). La série revient sur le déroulé des événements et sur ses conséquences. Un sujet évidemment délicat, sur lequel cinéastes israéliens et palestiniens ont collaboré: les israéliens Hagai Levi (co-créateur de la série américaine The Affair) et Joseph Cedar et le réalisateur palestinien Tawfik Abu-Wael (La Soif, salué à Cannes en 2004) sont à l'origine du programme, co-produit par l'américaine HBO et Keshet Media Group, société israélienne. 

Des rues de Jérusalem à la writer's room

"Quand la victime est juive, vous êtes des champions. Quand c'est un Arabe, vous ne savez rien!" s'agace le personnage du père de Mohammed Abou Khdeir dans la bande-annonce; tournée en Israël, en hébreu et en arabe, la série a été mise en route dès 2015 avec pour objectif de raconter les deux versants de l'affaire. Les trois cinéastes ont notamment été rencontrer la famille de la victime palestinienne ("C'était un grand soulagement pour eux de savoir que j'allais raconter leur histoire", raconte Tawfik Abu-Wael au New York Times). 

L'écriture du script, qui dure un an et demi, ne se fait pas sans obstacles. Le conflit s'invite dans le processus créatif: "La collaboration n'a pas été calme", se souvient Joseph Cedar dans Vanity Fair. "C'était une collaboration de personnes très déterminées, sur un sujet très important pour chacun de nous. Alors il n'y avait pas de vision commune."

De vraies images documentaires incluses au montage

La discorde se ressent jusque sur le plateau de tournage, entre les comédiens: "Ce sont des professionnels et des humains, vous avez cette tension entre les acteurs", se souvient Tawfik Abu-Wael. "Mais nous nous sommes dit durant la prise d'images que cette tension était bonne pour les personnages".

Pour les scènes d'agitation, il admet même avoir "eu peur" dans le New York Times: "Nous avons choisi des figurants en qui nous pouvions vraiment avoir confiance. Pour une scène, nous voulions qu'ils soient vraiment en colère, et Joseph m'a dit qu'il avait un peu peur, mais cela permettait de rendre le résultat authentique et vrai." De vraies images documentaires ont été incluses dans le montage, dans un souci de réalisme. 

Malgré quelques nouvelles complications lors du tournage - les populations arabes de la région opposées à la série, l'interprète d'un rabbin qui décide de quitter le programme - Our Boys a finalement vu le jour pour raconter cet été 2014, dont Hagai Levi se souvient comme d'"une nouvelle étape vers le désespoir." Our Boys n'a pas encore de diffusion prévue en France.