Zep, Avengers... notre sélection BD d'avril

Marvel / Rue de Sèvres
Au programme: une BD apocalyptique de Zep, le retour de Thanos, l'ennemi juré des Avengers, et une adaptation d'un célèbre roman de François Sagan.
Rue de Sèvres

The End

Zep, le créateur de Titeuf, propose chez Rue de Sèvres The End, thriller botanique où la nature reprend ses droits sur l'homme. S’inspirant des travaux du botaniste Francis Hallé et de la mystérieuse disparition des koudous de Limpopo, des grandes antilopes d’Afrique du Sud, le dessinateur a tricoté une intrigue où il a pu donner libre cours à son amour du dessin d’après nature, qu’il pratique depuis une dizaine d’années. Dans The End, Zep situe plusieurs séquences dans un futur post-apocalyptique et joue avec le silence - ce qu’il n’a pas souvent l’occasion de faire dans la cour de récréation de Titeuf. Pour la première fois de sa carrière, Zep a aussi dessiné des squelettes. Un exercice qui lui a plu. Si bien que ses enfants ont cru qu’il dessinait... The Walking Dead.

The End, Zep (scénario, dessin et couleur), Rue de Sèvres, 88 p., 19 euros.

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Cornélius

A l'intérieur des Yokaï

Au Japon, Shigeru Mizuki est l'équivalent d'Osamu Tezuka, le créateur d'Astro Boy: un maître vénéré du manga. A travers sa série Kitaro le repoussant et son album semi-autobiographique NonNonBâ (meilleur album lors du Festival d'Angoulême 2007), Mizuki a remis au goût du jour les yôkaï, des créatures surnaturelles issues du folklore japonais. Avant sa disparition en 2015, il a passé sa vie à les dessiner et à les recenser. Dans A l'intérieur des Yokaï, Mizuki décrit l’anatomie de ces étonnantes créatures, mais à sa manière: "Il décida de privilégier la légèreté à la rigueur scientifique, laissant libre cours à son goût pour la farce et la bonne humeur", note son éditeur.

A l'intérieur des Yokaï, Shigeru Mizuki, Cornélius, collection Solange, 94 pages, 25,50 euros.

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Dupuis

Imbattable, tome 2

Oubliez Thor, Superman et Catwoman. Voici Imbattable, "le seul véritable super-héros de bande dessinée". Son pouvoir est à nul autre pareil: il maîtrise les codes de la bande dessinée et peut se promener de case en case. Il voit tout, sait tout. Dès la première case, il peut arrêter un malfrat qui commet un crime, comme à la dernière case. A la manière des precogs de Minority Report, il peut arrêter les criminels avant qu’ils ne commettent un crime. Sauf qu’Imbattable est tout sauf un super-héros épique. Il vit dans une petite bourgade, il fait son marché, il affronte des vieillards dont le pouvoir est de jouer avec les bulles de dialogue. Dans le deuxième tome, disponible depuis le 25 avril, il revient avec des histoires plus longues, plus drôles, où il affronte un savant fou, un homme capable de traverser les pages de BD et une femme maîtrisant les couleurs. 

Imbattable, tome 2: Super-héros de proximité, Pascal Jousselin, Dupuis, 48 pages, 10,95 euros.

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Delcourt

Sous les bouclettes

Célèbre femme de lettres, Gudule est morte en 2015 des suites d'une maladie. Sa fille, la dessinatrice Mélaka, lui rend hommage dans sa BD Sous les bouclettes. Un travail thérapeutique pour l’auteure qui considérait sa mère comme son amie et sa confidente: "J’ai toujours été très proche d’elle et quand cette sale maladie s’est attaquée à elle, j’ai tenté de l’affronter à ses côtés", raconte-t-elle, avant d’ajouter: 

"Peu après le décès de ma mère, je me suis mise à cette BD [...] Auto-psychanalyse, besoin d’extérioriser, de dépersonnaliser mes souvenirs en les organisant sous la forme d’un récit lisible par tous, mais également fruit de la frustration de n’avoir jamais vraiment fait un livre en commun avec ma mère, les raisons pour lesquelles j’ai dessiné cette BD sont multiples. En tout cas, ça m’a fait du bien". 

Bien qu’il fut très difficile pour la dessinatrice "de transmettre les émotions vécues par sa famille pendant ces trois années", elle a su trouver un juste équilibre pour retracer la vie de sa mère et sa maladie. Dans des pages dessinées en sépia, elle a donné vie aux souvenirs écrits par Gudule. On croise ainsi l’équipe de Charlie Hebdo: Professeur Choron, Cabu, Wolinski... Le reste de l’album, consacré à la maladie de sa mère, utilise la couleur bleue pour raconter la lente dégénérescence du corps de sa mère ainsi que le poids de cette maladie sur la vie familiale.

Sous les bouclettes de Gudule (scénario) et Mélaka (dessin et scénario), Delcourt, 256 pages, 18,95 euros.

Rue de Sèvres

Bonjour Tristesse

Plus de soixante ans après la sortie de Bonjour Tristesse, le classique de Françoise Sagan revient adapté en bande dessinée par Frédéric Rébéna. Pour mettre en scène ce marivaudage funeste, l’auteur a privilégié une ligne claire troublée par des traits noirs symbolisant l’irruption progressive d’éléments tragiques dans l’histoire. "François Sagan aurait aimé ce livre car il lui manque de respect, la réveille, et lui confère une nouvelle jeunesse", analyse Frédéric Beigbeder dans sa préface de la BD.

Bonjour Tristesse de Frédéric Rébéna, Rue de Sèvres, 104 pages, 18 euros.

Glénat

L’Été fantôme

Elizabeth Holleville, 30 ans, sort L’Été fantôme. A l’aide d’un dessin faussement naïf, elle explore les tourments de l’enfance et de l’adolescence. L'histoire raconte l’amitié entre une jeune fille et une fantôme dans une grande maison balnéaire. "L’idée de cette histoire est née il y a trois ans, lorsque je suis retournée dans la maison d’une amie de mes grands-parents, où j’avais passé plusieurs étés de mes 9 à mes 13 ans", raconte-t-elle. 

Elle ajoute: "Cet endroit me faisait atrocement peur à l’époque, je l’imaginais habité d’esprits et de fantômes en tous genres. J’y avais aussi expérimenté l’ennui et la solitude à cause de la différence d’âge avec ma sœur et mes cousines qui n’avaient pas trop envie de traîner avec moi. Je me suis dit qu’il serait amusant de mélanger ces deux éléments pour inventer une nouvelle histoire, dans laquelle la figure du fantôme, figée dans le temps, servirait à conter l’été suspendu d’une fille de 10 ans, à l’aube de son adolescence".

L’Été fantôme d’Elizabeth Holleville, Glénat, 256 pages, 25 euros.

Glénat

Bluebells Wood

Un peintre en deuil vit reclus dans une maison située entre une sombre forêt et une mer tourmentée. Sa vie solitaire bascule lorsqu’il rencontre une sirène. Bluebells Wood, récit fantastique réalisé en couleur directe, est né à Guernesey, raconte le dessinateur et scénariste Guillaume Sorel: "Quand j’ai vu sur une carte un site appelé Bluebells Wood, mon imagination s’est emballée", explique-t-il. 

Il ajoute: "J’ai voulu m’y rendre. Je me suis égaré et j’ai découvert ce lieu plus sauvage [...] De retour à l’atelier, les images se sont bousculées" et le dessinateur a imaginé "une forêt envahie d’êtres féeriques". Amateur des contes d’Andersen et des histoires morbides de Lovecraft, il n’a qu’une envie: continuer d’explorer ce monde féerique qu'il a dépeint.

Bluebells Wood de Guillaume Sorel, Glénat, 96 pages, 19 euros.

Marvel

Je suis Thanos

Depuis 2012 et la scène post-générique d'Avengers de Josh Whedon, on l'attendait de pied ferme. Thanos, le titan fou, est enfin au centre d'Avengers Infinity War, le nouveau blockbuster des studios Marvel. Plusieurs livres racontent l’histoire de ce personnage considéré comme l'un des méchants les plus marquants de l'univers Marvel avec Magnéto. 

Apparu en février 1973 sous la plume du scénariste et dessinateur Jim Starlin, Thanos est une figure romantique, qui agit de manière excessive par amour. Amoureux de la Mort, il est prêt à faire n'importe quoi. Y compris tuer la moitié de la galaxie. Sa quête pour détenir les pierres d'infinité, qui est au cœur d’Avengers Infinity War, est aussi racontée dans le récit culte The Infinity Gauntlet.

Je suis Thanos, Collectif, Marvel/Panini, 320 pages, 25 euros.

The Infinity Gauntlet de Jim Starlin (scénario) et George Pérez et Ron Lim (dessin), Marvel/Panini, 272 pages, 25 euros.

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Delcourt

Ceux qui restent

Ceux qui restent commence comme Peter Pan: un soir, une étrange créature ressemblant à un hamster volant débarque dans la chambre d’un enfant pour lui proposer de sauver un royaume en péril. "Je suis un Wumple et je viens du royaume d’Auxfanthas", lui dit-il. L’enfant accepte aussitôt et s’envole avec lui vers de périlleuses aventures. L’intrigue, alors, diffère de Peter Pan. Au lieu de suivre l’enfant, l’album s’intéresse à ceux qui restent, soit aux parents qui attendent le retour de l’enfant, sans comprendre où il est parti… Si l’enfant vit des choses formidables, le quotidien des parents est plus douloureux: soupçonnés par la police de la disparition de l’enfant, ils deviennent la lie de leur quartier. Lorsque l’enfant réapparaît, après plusieurs mois, sans avoir vieilli, la situation devient de plus en plus incompréhensible pour les parents…

Ceux qui restent de Josep Busquet (scénario) et Alex Xöul (dessin), Delcourt, 128 pages, 20 euros.