Si vous ne savez pas pour qui voter, Joann Sfar a (peut-être) une solution pour vous

Capture d'écran YouTube / Thé ou café

Sur Instagram, l'auteur du Chat du rabbin et de Petit vampire livre à ses lecteurs, entre deux caricatures de candidats, ses réflexions sur l'élection présidentielle.

Dessiner pour trouver un sens. Depuis quelques semaines, Joann Sfar poste sur son compte Instagram des dessins qui traduisent son désarroi face aux candidats de l'élection présidentielle. Certains dessins ont suscité des réactions contrastées: le dessinateur a été la cible de trolls mélenchonistes après avoir critiqué certaines positions du candidat de la France insoumise. 

A quelques jours du premier tour, qui se déroulera dimanche 23 avril, il multiplie les dessins nostalgiques sur François Hollande, qu'il a tant aimé dessiné. Sfar se met aussi en scène. Accoudé à un bar avec un verre de rouge, il déclame: "Plus on me parle de vote utile, plus j'ai envie de voter pour Jean Lassalle". Caché sous sa couette, il dit: "Je sens que je vais me retrouver dans l'urinoir, pardon, dans l'isoloir, et que jusqu'à la dernière seconde, je saurai pas pour qui voter." 

Ces dessins sont principalement humoristiques, à la manière d'un Plantu ou d'un Sempé. Mais derrière le rire, Sfar livre aussi une réflexion, comme dans ses carnets intimes: "Donc le danger Le Pen est tel qu'on n'ose plus brocarder les autres candidats. On n'ose plus non plus critiquer Marine Le Pen car on sent bien que toute attaque des médias renforce sa position victimaire. Et on sent que les gens n'en peuvent plus qu'on leur demande d'aller voter 'pour voter contre le FN', parce que les pauvres à cause de ça ils ont eu Chirac et Hollande." 

S'il déclare être "profondément contre" les quatre candidats principaux de l'élection, il concède: "Bien entendu, on n'ose plus, non plus, voter blanc, parce que si Marine Le Pen est élue, on va se sentir coupable." Il poursuit: "Finalement, depuis que j'ai le droit de vote, ça a toujours été ça: il faut voter pour contrer les extrémistes. J'aimerais bien, une fois dans ma vie, voter sans réticence vis à vis du bulletin que je fiche dans l'urne." 

Alors que faire? Sfar a une solution: "J'irai quand même voter contre Le Pen. Mais j'espère que les bistros ouvrent tôt le jour de l'élection car je n'irai pas à jeun." 

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