Jésus, Sharon Stone et Schwarzenegger: le cinéaste Paul Verhoeven raconte tout

SBS Productions
Le cinéaste, célébré lors de la dernière cérémonie des Césars, se livre dans un livre d'entretiens. 

Auteur de films aussi cultes que sulfureux, le cinéaste hollandais Paul Verhoeven a connu en 2016 un retour fracassant avec son seizième long métrage Elle, récompensé par deux Césars en février dernier. Âge de 78 ans, il a signé une oeuvre conséquente, où se distinguent des films comme Basic Instinct (1992), Robocop (1988) ou encore Starship Troopers (1998). Des films traversés par des thématiques communes, comme le sexe, la violence ou les dérives autoritaires. 

Un mois avant la présentation d'Elle au Festival de Cannes 2016, Paul Verhoeven s'est longuement entretenu avec le journaliste et critique Emmanuel Burdeau. Pendant deux jours, les deux hommes sont revenus sur la carrière du cinéaste depuis ses débuts en Hollande jusqu'à son dernier film, en passant par ses relations avec les femmes, sa carrière à Hollywood et ses projets. Le résultat, intitulé Paul Verhoeven, à l'oeil nu, est sorti le 6 avril aux éditions Cappricci. Florilège. 

Arnold Schwarzenegger

Au cours de l'interview, Verhoeven évoque notamment le souvenir d'Arnold Schwarzenegger, avec qui il a tourné le film de science-fiction Total Recall (1990). 

Le cinéaste se montre à la fois dur et compatissant avec la star: "il ne s'est pas encore tout à fait remis de sa séparation d'avec sa femme. Je crois qu'il est à la recherche d'un moyen pour se réinventer... Il a repris le cinéma, mais je trouve que les films qu'il fait ne sont pas à son niveau. Il a besoin de profondeur, en plus du côté physique", dit-il, avant d'ajouter: "Il devrait faire un film avec moi. On s'amuserait beaucoup."

Sharon Stone et Basic Instinct

Sans doute son film le plus connu, Basic Instinct a connu une suite quatorze ans après sa sortie. Le second film est, de l'avis de tous et en particulier de Paul Verhoeven, un échec. Le cinéaste aurait dû réaliser le film. 

Pour tenir tête à Stone, Verhoeven souhaitait un acteur de la trempe de Michael Douglas, comme George Clooney. Problème: les producteurs avaient décidé que l'actrice toucherait un cachet de plus de 10 millions de dollars et qu'elle serait l'unique star du film. Une décision qui poussa Paul Verhoeven à quitter le projet, "persuadé [que le film] ne marcherait pas". Ce qui s'avéra exact. 

Verhoeven loue également les talents d'actrice de Sharon Stone: "Sharon est parfaite quand elle joue les méchantes. Je n'y crois pas une seule seconde, en revanche, quand elle essaie de paraître vulnérable."

Des projets et des films inaboutis

Outre Crusade, projet avorté sur les croisades avec Schwarznegger, Verhoeven a développé de nombreux films qui n'ont pas abouti, dont un biopic d'Arletty avec Elsa Zylberstein et une vie de Jésus. A ce sujet, le cinéaste raconte que c'est l'humoriste américain Mel Brooks qui l'a aidé, dépensant 50.000 dollars pour l'aider à écrire le scénario. Brooks s'est impliqué comme producteur, et a même reçu des centaines de lettres antisémites pour avoir soutenu ce projet. 

Verhoeven aurait pu réaliser Se7en

C'est souvent le cas à Hollywood: les projets passent de main en main. Paul Verhoeven, qui a connu son apogée à Hollywood entre 1988 et 1998, a refusé de nombreuses offres qui ont donné naissance ensuite à des classiques du 7ème Art. 

Parmi ceux-ci figurent notamment Se7en (qui sera réalisé par David Fincher en 1995), mais aussi Le Silence des Agneaux (qui a reçu cinq Oscars dont celui du meilleur film en 1992) et L'insoutenable légèreté de l'être (tourné par Philip Kaufman en 1988).

"Pour ces deux derniers films", dit Verhoeven, "j'ai pensé avoir fait une erreur considérable. Pour le reste, je pense avoir eu raison. Se7en n'est pas un mauvais film, mais bon..." 

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