Jean Dujardin: "J'ai des trouilles dans ma vie, mais pas dans ce métier-là"

Jean Dujardin fait l'ouverture de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes avec Le Daim, le nouveau film de Quentin Dupieux dans lequel il crève l'écran. Rencontre.
Jean Dujardin dans Le Daim
Jean Dujardin dans Le Daim Diaphana

Jean Dujardin revient à Cannes, huit ans après son prix d'interprétation masculine pour The Artist. L'inoubliable Brice de Nice et OSS 117 présente un nouveau personnage déjanté et dérangé: Georges, un quadragénaire qui bascule progressivement dans la folie après avoir acheté une fortune un blouson 100% daim. Avec Le Daim, le nouveau film de Quentin Dupieux dans lequel il crève l'écran, Dujardin fait l'ouverture de la Quinzaine des réalisateurs.  

Après I Feel Good de Kervern et Délépine, Jean Dujardin se glisse dans la peau d'un nouveau personnage rongé par une obsession, et confirme ainsi son goût pour l'expérimentation et les films qui sortent des sentiers battus. Alors qu'il sort de six mois de tournage avec Roman Polanski (pour J'accuse, sortie en novembre), le comédien confie à BFMTV sa volonté de se "secouer" et de "ressentir de nouvelles choses" grâce à ces metteurs en scènes atypiques: 

"Ils ne sont pas beaucoup à pouvoir se targuer d'avoir un univers, une écriture ou du moins une certaine liberté qui ne correspond pas forcément à ce qu'on attend d'une comédie ou du cinéma", explique Jean Dujardin, rencontré à Cannes.

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"On peut faire nos courses dans ce film"

De Steak au Daim en passant par Rubber et Au poste, Quentin Dupieux a créé un cinéma expérimental où humour absurde et mise en abyme se croisent. Le Daim, qui s'ouvre sur le tube de Joe Dassin Et si tu n'existais pas, raconte l'histoire d'un homme qui part avec sa veste 100% daim dans les montagnes. Ensemble, ils ont un objectif: débarrasser le monde de tous les blousons. "Je promets de ne plus porter de blouson de toute ma vie", entend-t-on dès les premières phrases du film. C'est cette quête impossible, cette pure absurdité qui ne peut exister qu'au cinéma - et que dans les films de Quentin Dupieux - qui a séduit Jean Dujardin. 

"J'ai dû y voir des trucs enfouis, des fantasmes, une envie de se barrer, d'être un autre, d'aller au bout de sa névrose. C'est un film qui est fabriqué par le vide et chacun y met ses zones d'ombre, ses névroses", commente l'acteur. "On accepte d'être Georges et on le vit presque bien, parce que ça nous fait du bien ou alors on reste un peu lointain et on se marre quand même parce que les situations sont trop incongrues pour ne pas en rire. On peut faire nos courses dans ce film, il faut se laisser aller, il faut se laisser faire. C'est assez jouissif."

Jean Dujardin dans Le Daim
Jean Dujardin dans Le Daim Diaphana

"On bute, mais on est cool"

Obsédé par sa quête, George se transforme en tueur en série: "C'est de la BD, on n'est pas vraiment dans un film d'horreur. C'est très 'lounge', c'est très sympa. On bute, mais on est cool", s'amuse le comédien qui a pris du poids pour le film. Il concède quelques ressemblances avec le personnage du Daim, un solitaire un brin mythomane qui aime parler seul ou à sa veste en daim: "Ça m'est déjà arrivé de parler seul pour entendre ma voix, pour être bien sûr de ce que je pense", lâche-t-il en souriant.

Huit ans après le triomphe de The Artist, Jean Dujardin n'est pas nostalgique. S'il tire une "fierté" de son prix, il préfère penser à ses rôles futurs. Si la récompense reçue des mains de Robert de Niro au Palais des Festivals lui a confirmé qu'il était sur la bonne voie, il veut continuer à expérimenter comme il l'a fait avec Le Daim. L'acteur est sans peur: "J'ai des trouilles dans ma vie, mais pas dans ce métier-là."

Le Daim
Affiche du Daim Diaphana