George A. Romero, père de "La Nuit des morts vivants" et des films de zombies, est mort

MALCOLM TAYLOR / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Auteur des films cultes La Nuit des morts vivants et Zombie, George A. Romero n'aimait pas The Walking Dead, qu'il accusait d'avoir détourné le sens politique des zombies. 

Le réalisateur américain George A. Romero, dont le film-culte La Nuit des morts vivants a lancé le genre des films de zombies, est décédé dimanche à l'âge de 77 ans, a annoncé son manager.

"Le réalisateur légendaire George A. Romero est décédé dimanche 16 juillet, en écoutant la bande originale de L'homme tranquille, un de ses films préférés", a annoncé Chris Roe dans un communiqué. "Il est mort en paix dans son sommeil, après un combat bref mais déterminé contre un cancer du poumon, laissant derrière lui une famille aimante, beaucoup d'amis et un héritage cinématographique qui a persisté et continuera de persister, à l'épreuve du temps", a-t-il ajouté.

Avec La nuit des morts-vivants (1968), puis Zombie (1978), Le Jour des morts-vivants (19850), Le Territoire des morts (2005), Chronique des morts-vivants (2008) et Le Vestige des morts-vivants (2009), il a donné naissance à un nouveau genre de films, devenu incontournable à Hollywood: le film de zombies. Présentés comme des récits horrifiques, ses films dressaient aussi des constats sans appel de la société américaine. 

>> A LIRE AUSSI - Comment "The Walking Dead" a tué les films de zombies

Des films politiques

En filmant ses zombies, des morts-vivants mangeurs de chair humaine, George A. Romero dénonçait la fascination américaine pour la violence, mais aussi le racisme, la victoire du consumérisme. Ses films étaient devenus si cultes qu'il a donné naissance à de nombreuses parodies ou films et séries dérivés: Shaun of the DeadZombielandWorld War ZThe Walking Dead... Aucun n'a la force ou l'esprit contestataire des films de Romero. 

Romero, pour qui les zombies ne devaient pas courir, n'appréciait guère World War Z et surtout The Walking Dead. Selon lui, ces films avaient détourné le sens politique des zombies: "Aujourd'hui, à cause de World War Z et de The Walking Dead, je ne peux pas monter un petit film de zombies socio-politique", avait-il déclaré il y a quelques mois. 

"Avant, je pouvais pitcher aux producteurs un film d'action avec des zombies et y dissimuler un message. Maintenant, ce n'est plus possible. Dès que vous dites 'zombies', on vous répond: 'Hey Brad Pitt a payé 400 millions de dollars pour faire ça'." 

>> A LIRE AUSSI - Le maître de l'horreur George A. Romero trolle Twitter sans y être

La Nuit des morts-vivants, une oeuvre "culturellement, historiquement et esthétiquement importante"

Tourné en noir et blanc, avec un budget d'à peine plus de 100.000 dollars et des acteurs inconnus, La nuit des morts vivants (1968), raconte l'assaut d'une ferme isolée par une horde de morts sortis de leurs tombes à la suite d'une mutation. Il joue sur les frayeurs d'une époque marquée par la guerre du Vietnam, la course aux armements et la fascination pour les ovnis. Thèmes qu'il remploiera dans The Crazies (1973), où un produit toxique rend fou les habitants d'une petite ville.   

La nuit des morts vivants, devenu un classique, a rapporté plus de 30 millions de dollars à travers le monde. Le réalisateur avait reconnu s'être inspiré du roman de science-fiction Je suis une légende de Richard Matheson, paru en 1954. Le film a été ajouté en 1999 au Registre national des films des Etats-Unis, qui regroupe des œuvres considérées comme "culturellement, historiquement ou esthétiquement importantes".

Avec ce long-métrage, "j'ai commencé quelque chose dont je n'ai jamais pu m'échapper. Dont je n'ai jamais voulu m'échapper !", confiait George A. Romero dans les notes de production de Land of the Dead, sorti en 2005, qui s'inscrit dans sa saga dédiée aux morts-vivants.

"Chaque film de la saga reflète à sa manière le climat politique et social de son époque. Si les histoires que j'y raconte sont finalement assez proches les unes des autres, elles prennent tout leur sens par le contexte dans lequel elles se situent, par l'évolution du monde et de la société sur plusieurs décennies", expliquait George A. Romero.

Son film préféré et son chef d'oeuvre: Martin

Tous les films de George A. Romero, né en 1940 d'un père cubain et d'une mère américano-lithuanienne, ont été tournés à Pittsburgh, en Pennsylvanie, ville où il fait ses études universitaires, ou dans les alentours. 

Nourri aux comics et aux films d'épouvante, le réalisateur était aussi l'auteur de longs métrages entre épouvante, fantastique et comédie macabre comme Creepshow (1982), ou dans un autre genre, de Knightriders (1981), retraçant l'épopée d'une troupe ambulante de chevaliers-motards.

Dans les années 1970, il a signé ce qui reste son film préféré et son chef d'oeuvre: Martin, une relecture contemporaine du mythe des vampires. Dans les années 1990, il a aussi réalisé une adaptation de Stephen King, La Part des ténèbres (1992), avant une traversée du désert où il a tenté de développer, en vain, une adaptation live du jeu vidéo Resident evil.

Retrouvez-nous sur Facebook

Suivez-nous sur Twitter