Violences dans les espaces publics: une femme sur quatre a déjà été victime

Les jeunes femmes habitant les grandes villes sont les plus touchées par les violences dans les espaces publics, selon une étude de l'Ined publiée jeudi.
Sifflements, drague lourde, insultes, agressions physiques ou sexuelles... Une femme sur quatre dit avoir été victime d'au moins une violence dans la rue, les transports ou autres lieux publics. afp.com/LIONEL BONAVENTURE

Ce sont dans les grandes villes que les jeunes femmes sont les plus touchées par les violences dans les espaces publics, selon une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined) publiée jeudi. Les habitants d'Ile-de-France sont les plus nombreux à en déclarer dans l'enquête, tandis que les habitants des zones rurales sont ceux qui en déclarent le moins.

Sifflements, drague importune, insultes, agressions physiques ou sexuelles... Une femme sur quatre dit avoir été victime d'au moins une violence dans la rue, les transports ou autres lieux publics pendant l'année précédant l'enquête. La plus forte proportion (20%) fait état de sifflements et interpellations sous prétexte de drague, décrits dans une large majorité des cas comme sans gravité par les intéressées.

Insultes, pelotages, baisers forcés

8% des femmes interrogées déclarent avoir été la victime d'au moins un fait grave, relevant le plus souvent de violences physiques ou sexuelles, selon cette étude qui analyse une partie des résultats de l'enquête "Virage" (violences et rapports de genre), réalisée en 2015 auprès d'un échantillon de 15 556 femmes et 11 712 hommes de 20 à 69 ans. Chez les hommes, 14% déclarent au moins une violence, dont 5% font état d'au moins un fait qu'ils considèrent comme grave.

Dans le détail, 8% des femmes interrogées disent avoir été au moins une fois la cible d'insultes. 3% disent avoir été suivies avec insistance, 2% avoir été victimes de pelotage accompagné parfois de baisers forcés, 1% de propositions sexuelles insistantes, tandis que 1% ont eu affaire à un exhibitionniste ou voyeur et 1% ont été frappées ou secouées brutalement.

"Lorsqu'une femme est victime de plusieurs faits, elle rapporte la plupart du temps qu'il s'agit d'auteurs différents", souligne l'étude. "Les cas de faits répétés perpétrés par un même auteur sont exceptionnels dans les espaces publics".

Délit d'"outrage sexiste"

Dans l'ensemble de la population, ces chiffres signifient que près de 3 millions de femmes par an subissent dans l'espace public une situation de drague importune, et que plus d'un million subissent des situations de harcèlement et d'atteintes sexuels, a calculé l'Ined.

Emmanuel Macron a confirmé le 25 novembre la création prochaine d'un nouveau délit d'"outrage sexiste", pour permettre à la future police de proximité de verbaliser les auteurs de harcèlement de rue.

Cette disposition, qui sera incluse dans un projet de loi sur les violences sexistes et sexuelles devant être soumis au Parlement au premier semestre 2018, viserait des actes répétés de harcèlement, mais pas des situations telles que les sifflements.