VIDÉO. Un journaliste blessé par un tir policier

Alors qu'il filmait la manifestation des gilets jaunes, il a eu la rotule fracturée. Le préfet de Charente "regrette" le tir.
Des manifestants "gilets jaunes" à La Rochelle, le 12 janvier 2019. afp.com/XAVIER LEOTY

Il tournait la scène avec une Go pro, une petite caméra que l'on peut facilement accrocher sur le torse ou un casque. Xavier Léoty, reporter photographe pour Sud Ouest, a été blessé alors qu'il couvrait samedi la seule manifestation des gilets jaunes en Charente-Maritime, à La Rochelle. Selon lui, c'est un tir de flash ball qui est responsable de sa fracture à la rotule.

Il a d'abord cru à un gros hématome

Sur la vidéo, mise en ligne par Sud Ouest, on le voit effectivement s'effondrer alors qu'il filmait des policiers sur le port de la ville. Accompagné par des collègues et certains gilets jaunes, il a continué son reportage.

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Treize personnes ont été interpellées à la Rochelle à l'issue d'une manifestation qui avait rassemblé quelque 2 000 personnes, selon les autorités. Xavier Léoty, lui, s'est vu prescrire une incapacité totale de travail (ITT) de 45 jours.

"Il n'était évidemment pas ciblé"

"J'étais clairement identifiable au milieu de manifestants dispersés par les gaz lacrymogènes. Ils m'ont visé, ça a touché le genou", a-t-il déclaré, précisant qu'il était "tombé par terre" et avait été secouru par des 'medic' gilets jaunes. Le photographe a d'abord pensé n'avoir qu'un "gros hématome".

Le préfet de Charente-Maritime, Fabrice Rigoulet-Roze, a appris qu'un journaliste avait été blessé au genou, "ce que le préfet regrette, ce journaliste n'étant évidemment pas ciblé", a indiqué la préfecture. "C'est vraisemblablement un tir de LBD [lanceur de balle de défense, NDLR] mais on n'a pas vu le dossier médical."

De la difficulté du travail des journalistes

Elle a rappelé que samedi en fin d'après-midi, "les forces de l'ordre ont été prises à partie à plusieurs reprises par un groupe d'une cinquantaine d'individus par des jets de projectiles (bouteilles en verre, pavés, pétards) dans les rues du centre-ville".

Ciblé la semaine dernière par des gilets jaunes

Sur son site, Sud Ouest précise que "si la silhouette longiligne du photographe est connue des forces de l'ordre locales, le photojournaliste ne portait pas de brassard 'presse'. Pourquoi ? Car la semaine passée, lors d'affrontements précédents, il avait été la cible de gilets jaunes en raison du port de ce brassard. Une précision qui témoigne des difficultés pour les journalistes de couvrir les manifestations actuelles dans un contexte de défiance et parfois même de violence."