La justice change le prénom de leur enfant: "Jihad" s’appelle désormais "Jahid"

Le tribunal de grande instance de Toulouse a inversé les deux voyelles pour que le prénom ne soit pas contraire aux "intérêts de l’enfant".

Max Pixel

Le petit "Jihad" s’appelle désormais "Jahid". Si le sens premier du mot "Jihad" signifie "effort" et "lutte" en arabe, ce terme est dorénavant assimilé au terrorisme. 

Un nom que la mairie de Toulouse, où l’enfant a été déclaré le 2 août 2017, a estimé trop lourd à porter dans un contexte marqué par les attentats. Un officier de l’état civil a effectué un signalement auprès du procureur de la République.

Comme le rapporte le site Actu.fr, le 13 avril dernier, un juge aux affaires familiales de Toulouse a annulé la mention du prénom "Jihad" sur l’acte d’état civil et a déclaré que l’enfant se prénommerait désormais "Jahid".

La décision a été prise au regard de l’article 57 du Code civil qui impose aux parents de choisir un prénom dans "l’intérêt de l’enfant".

Un petit Mohamed Merah renommé en novembre dernier

A Nice, en novembre, la mairie avait elle aussi saisi la justice après la naissance d'un petit garçon déclaré à l'état civil sous le nom de "Mohamed, Nizar Merah", identique à celui du tueur jihadiste de Toulouse et Montauban en 2012, et dont le frère était alors jugé à Paris pour complicité d'assassinat.

La mairie de Nice avait estimé que le choix des parents "pouvait être contraire à l'intérêt de l'enfant" et l'avait assimilé à une apologie du terrorisme. Le parquet avait saisi le juge des Affaires familiales, avant que les parents de l'enfant renoncent au prénom.

En France, depuis 1993, les officiers d'état civil ne peuvent plus décider d'interdire un prénom. Les transmissions au parquet pour un changement de prénom sont très rares.