Un Gilet Jaune éborgné par un flash-ball témoigne chez Thierry Ardisson

C'est la séquence choc de ce dimanche 20 janvier 2019. Blessé par un tir de flash-ball lors d'une manifestation de Gilets Jaunes, Jean-Marc a perdu son œil et est venu témoigner sur le plateau de Thierry Ardisson dans Les Terriens du Dimanche sur C8.

Un Gilet Jaune éborgné par un flash-ball témoigne chez Thierry Ardisson
C'est la séquence choc de ce dimanche 20 janvier 2019. Blessé par un tir de flash-ball lors d'une manifestation de Gilets Jaunes, Jean-Marc a perdu son œil et est venu témoigner sur le plateau de Thierry Ardisson dans Les Terriens du Dimanche sur C8. BFMTV

Dans une enquête réalisée par Franceinfo la semaine dernière, nous vous parlions déjà du nombre de blessés graves par tir de flash-ball lors des manifestations de Gilets Jaunes, s'élevant au moins à 40 victimes, dont au minimum 122 personnes éborgnées. Ce dimanche 20 janvier, les téléspectateurs et téléspectatrices de C8 ont assisté à une séquence pour le moins éprouvante : un exemple de ces violences et de ces victimes.

Jean-Marc, horticulteur, Gilet Jaune, était invité sur le plateau des Terriens du Dimanche pour témoigner sur la perte de son œil droit. "Je ne peux plus faire mon travail. Je ne peux plus travailler la terre parce que la moindre poussière va aller dans l’œil", confesse-t-il, non sans émotion.

Avec la chroniqueuse Monia Kashmire, Jean-Marc rappelle la puissance d'un tir de flash-ball : "220 joules, c'est à-peu-près 320km/h", alors qu'un "coup de boxeur au visage c'est 100 joules", rappelle la journaliste. "Quand on dit que c'est un coup de poing de Mike Tyson, je suis désolé mais Mike Tyson il met pas des coups de poing comme ça".

Le Gilet Jaune ne cache pas son désarroi. Il explique sa désolation et en vouloir "Au fils de p*** qui m'a fait ça ! Je suis désolé de parler comme ça mais j'ai tellement la haine que je ne peux pas le dire autrement. Pour moi c'est un fils de p***, c'est comme Olivier qui a été tiré de dos la semaine dernière alors qu'il marchait. Moi je me serais pas retourné, il me serait arrivé exactement la même chose", raconte-t-il en faisant référence au manifestant girondin blessé lors de l'Acte IX des Gilets Jaunes et resté dans le coma pendant plusieurs jours.

Rappel à l'ordre par le Porte-parole du gouvernement

Le cas de Jean-Marc est loin d'être isolé. Après un rappel des règles concernant les tirs de flash-ball la semaine dernière par le directeur général de la police nationale, c'est au tour de Benjamin Griveaux, secrétaire d'État auprès du Premier ministre et Porte-parole du gouvernement, de resserrer les boulons.

Le Porte-parole du gouvernement a appelé à "l'exemplarité" des forces de l'ordre. "On ne peut pas demander aux manifestants d’être exemplaires si on ne l’est pas soi-même", a estimé dimanche Benjamin Griveaux au micro de CNews et Europe 1, avant de reprendre "Il y a 81 signalements qui ont été faits et qui ont donné lieu à une enquête de l'inspection de la police nationale. Tant mieux".

Les flash-ball, ou LBD 40 (Lanceur de Balle de Défense), continuent d'être vivement critiqués. Si Jacques Toubon, Défenseur des droits, demandait la suspension de l'usage de tels engins, le gouvernement reste hostile à cette idée. Vendredi, Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, maintenait malgré tout l'idée selon laquelle il s'agirait d'armes de défense et non d'attaque. Quant à Benjamin Griveaux, plaide en faveur du fichier requis par le pouvoir exécutif pour "identifier les meneurs, les casseurs" en amont afin "d'avoir le minimum de personnes présentes avec une volonté de tuer, de violenter, de piller".

Erreur lors du chargement du média :
Source introuvable