Un cadre de la FFF accusé de harcèlement sexuel

Une ex-salariée de la Fédération française de football (FFF) accuse un directeur financier de harcèlement et de tentatives d'agression sexuelle. La FFF conteste ces accusations.
Un cadre de la FFF accusé de harcélement sexuel
Philippe LOPEZ / AFP

Une ancienne salariée de la Fédération française de football accuse un directeur financier de harcèlement et de tentatives d'agression sexuelle, a révélé le 17 janvier le site Mediapart.

Stagiaire puis embauchée en CDD jusqu'en novembre 2018, la jeune femme a déposé plainte auprès de la police judiciaire de Paris pour "des faits de harcèlement sexuel continu" et pour "deux tentatives d'agression sexuelle", a déclaré son avocate, Me Marie-Alix Canu-Bernard, à l'AFP.

Le cadre aurait tenté de l'embrasser sans son consentement lors d'un pot au siège de la FFF en décembre 2017 et pendant une soirée en juin 2018 pendant la Coupe du monde en Russie. Pour l'heure, il n'a pas encore été convoqué, selon son entourage.

Les deux parties s'opposent

La Fédération "a immédiatement réagi en menant une enquête interne, sérieuse et objective", avec notamment l'audition d'une vingtaine d'employés, a expliqué la FFF via le biais de son avocat, Florent Dousset.

Quand cette enquête a été terminée, "la FFF a estimé que les faits de harcèlement sexuel ou d'agression sexuelle n'étaient pas caractérisés". Néanmoins, Me Dousset ajoute que l'homme a "pu tenir des propos inadaptés dans sa communication avec les salariés, conduisant la Fédération à le rappeler fermement à l'ordre".

Les explications n'ont pas convaincu l'avocate de la plaignante. "Si, effectivement, il n'y a rien dans cette enquête, pourquoi ne pas nous l'envoyer ? C'est bien que ce n'est pas si simple que ça".

La grande instance du football français reconnaît des propos "inadaptés" mais nie tout caractère sexuel. Elle est mise en cause comme employeur par l'Inspection du travail et une procédure est en cours aux prud'hommes. En effet, l'ex-salariée estime avoir été "évincée" de son poste. "Le contrat de travail de l'auteur de la dénonciation a pris fin normalement à son terme", se défend le conseil de la FFF, qui refusera toute conciliation devant la juridiction prud'homale.