Transports collectifs ruraux : les élus furieux

Dans les campagnes françaises, l'insuffisance des transports collectifs est devenue un véritable problème. Une situation qui scandalise les élus locaux.
Transports collectifs ruraux : les élus furieux
Dans les campagnes françaises, l'insuffisance des transports collectifs est devenue un véritable problème. Une situation qui scandalise les élus locaux. RMC

Comme se déplace-t-on en France, dès lors qu'on ne vit pas proche d'une grande métropole ? En train ? En bus ? Non, en voiture ou à pied, et c'est loin d'être un choix. Selon une étude menée par l'Autorité de la qualité des services et des transports (AQST), un organe rattaché au ministère du Développement durable, la fermeture de ligne SNCF et l'inexistence d'un réseau de cars limite le déplacement collectif des citoyens ruraux. 

L'enquête met effectivement en lumière le fait que pour rejoindre les centres urbains dans un rayon de 50 kilomètres, les habitants sont forcés de prendre leur voiture personnelle à cause de l'inexistence d'un réel maillage de transports en commun. Et s'il existe un réseau, le trajet est alors cinq fois plus long en transports qu'en voiture. Une étude qui corrobore les dires des locaux et explique la colère des élus.

"Nous n’avons aucune offre de transports publics pour aller dans la ville la plus proche, Fougères, située pourtant à moins de 20 kilomètres de ma commune. Quant à la gare la mieux connectée, celle de Rennes, elle est à 67 kilomètres. Un car existe bien pour y aller depuis Fougères mais il met presque trois fois plus de temps que la voiture", regrette Louis Paturel, vice-président national de l'Association des maires ruraux de France. Il est maire de Ferré, en Bretagne, une commune de 690 habitants.

"La SNCF a fermé progressivement les lignes"

La vindicte gronde et elle suit celle entamée par les Gilets Jaunes en novembre 2018. Une et une seule demande : "arrêter de concentrer les services publics et les activités économiques autour des grandes métropoles", demande Louis Paturel au gouvernement. Pour lui, il est primordial d'effectuer un rééquilibrage territorial et de se concentrer sur les territoires isolés pour les désenclaver.

Une situation qui est loin d'être exclusive à la Bretagne. "Il n’existe pas de solutions de transports en commun fiables et rapides pour rejoindre les centres d’activités économiques ou culturels les plus proches de ma commune", se plaint Yves d’Amécourt, maire de Sauveterre-de-Guyenne en Gironde. "La SNCF a fermé progressivement les lignes secondaires et je dois prendre mon automobile pour aller à la gare la plus proche, Besançon, à 50 km de chez moi", réplique Jean-Paul Carteret, maire de Lavoncourt en Haute-Saône. Un problème qui, pour Cédrick Allmang, géographe interrogé par Le Figaro, est lié au fait que "la France souffre de la trop grande dispersion de l’habitat, loin des gares et des centres urbains, contrairement à l’Allemagne, où il n’y a que 6 000 communes, qui organisent mieux leur urbanisme et leur réseau de transports".

Ne reste plus qu'à attendre les propositions du gouvernement pour réorganiser le maillage des transports territoriaux et mettre fin à l'isolement d'une partie des ruraux. Le Premier ministre, Édouard Philippe, devrait proposer à la rentrée 2019 des mesures en faveur de la ruralité, notamment la mise en place de liaisons ferroviaires considérées comme légères avec l'instauration d'un transport en commun à mi-chemin entre le train et le tramway.

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