Toulouse: le suspect du meurtre d'une joggeuse renvoyé aux assises

Contre toute attente, l'avocat général avait pourtant proposé un non-lieu pour le principal suspect de ce crime, qui remonte à 2011.
Toulouse: le suspect du meurtre d'une joggeuse renvoyé aux assises
Patricia Bouchon, la fille de la victime, se dit "soulagée" par la décision de la justice - ERIC CABANIS / AFP

Dans un contexte encore fortement marqué par les aveux de Jonathann Daval, qui a avoué être à l'origine du décès de sa compagne Alexa, la justice a décidé ce jeudi de renvoyer aux assises le seul suspect dans la mort d'une joggeuse partie s'entraîner au petit matin le jour de la Saint-Valentin en 2011 à Bouloc, à quelques kilomètres de Toulouse. Le corps de la disparue avait été retrouvé un mois et demi après. 

Contre l'avis du parquet général, qui avait requis un non-lieu pour Laurent Dejean, c'est la chambre d'instruction de la cour d'appel de Toulouse qui a estimé qu'il existait des "charges suffisantes" contre cet homme, un plaquiste incarcéré depuis maintenant quatre ans.

Pour son avocat, Me Guy Debuisson, cette décision n'est pas cohérente: "Dans ce dossier, il fallait un coupable, il a été incarcéré longtemps après les faits; par sa personnalité, Laurent Dejean est le coupable idéal."

De leur côté, les proches de la victime se disent soulagées. "C'est un nouveau combat qui commence, on va peut-être obtenir des réponses" estime sa fille. 

Le suspect, décrit comme "psychotique"

Le suspect, présenté comme "psychotique" pendant l'enquête, est en prison depuis février 2014 pour le meurtre, trois ans plus tôt, de Patricia Bouchon, mère de famille de 49 ans.

Cette secrétaire dans un cabinet d'avocats toulousains était partie le 14 février 2011 vers 04H30 du matin faire son jogging autour de Bouloc, à 25 km au nord de Toulouse. Son corps avait été retrouvé un mois et demi après, vertèbres et crâne enfoncés, un gant en latex enfoncé dans la gorge. Son meurtrier avait aussi essayé de l'étrangler mais aucun abus sexuel n'avait pu être mis en évidence.

Laurent Dejean, qui avait déjà subi des hospitalisations d'office et des "traitements très lourds", avait été gardé à vue à deux reprises avant d'être finalement interpellé le 9 février 2014 puis mis en examen pour "homicide volontaire" et écroué.