Sophie Pétronin: Ingrid Betancourt en appelle à Macron

L'ancienne captive des Farc demande au chef de l'État de recevoir la famille de la travailleuse humanitaire, otage au Mali depuis décembre 2016.
L'ex-otage de la guérilla des Farc Ingrid Betancourt, à Bogota, le 5 mai 2016 afp.com/LUIS ACOSTA

Elle est à ce jour la dernière otage française dans le monde. Sophie Pétronin, 73 ans, est retenue en otage au Mali depuis le 20 décembre 2016 et son enlèvement à Gao. La travailleuse humanitaire, qui dirigeait une association d'aide aux orphelins, a reçu ce jeudi le soutien d'Ingrid Betancourt sur FranceInfo.

L'ancienne otage des Farc - libérée en 2008 après six ans de captivité - se dit "meurtrie" et "très frustrée" du manque de mobilisation autour de Sophie Pétronin. "De temps en temps, je me demande si j'avais été kidnappée aujourd'hui, est-ce qu'il y aurait la mobilisation qui m'a permis de rester vivante et d'être libérée? Les sensibilités ont changé et on a beaucoup de mal à ce que les gens s'intéressent au sort des otages aujourd'hui."

"Nous supplions presque qu'il reçoive la famille"

L'ancienne candidate à la présidence colombienne en appelle désormais à Emmanuel Macron. "Ce que nous désirons, ce que nous appelons, nous demandons, nous supplions presque, c'est qu'il reçoive la famille de Sophie Pétronin", demande Ingrid Betancout. Pour elle, il est "impensable" que le chef de l'Etat ne reçoive pas le fils de l'otage, Sébastien, alors qu'il "a la vie de Sophie Pétronin dans ses mains".

Otage depuis 20 mois, Sophie Pétronin a donné récemment un signe de vie. Dans une vidéo reçue mi-juin et que son comité de soutien (www.liberons-sophie.fr) a décidé de mettre en ligne la semaine dernière, l'otage s'adresse d'abord à sa famille puis au chef de l'Etat.

D'une voix faible, la tête couverte d'un foulard, la travailleuse humanitaire originaire de Bordeaux s'adresse à Emmanuel Macron à qui elle rappelle ses engagements, pendant la campagne présidentielle, de protéger tous les Français. Elle demande également à son fils Sébastien Chadaud-Pétronin de venir la voir, en le rassurant sur sa sécurité.

"On sait qu'elle est très, très malade"

Des gros plans sur son visage, les yeux emplis de larmes, alternent avec des plans plus larges, où elle apparaît visiblement affaiblie et malade. "On sait qu'elle est très, très malade. (...) C'est un climat très dur, dans un environnement misogyne", confie Ingrid Betancourt, qui l'appelle à "tenir". "Il faut qu'elle reste vivante, qu'elle sache qu'on l'attend, qu'on l'aime et qu'on l'admire."

De son côté, le ministère des Affaires étrangères a rappelé en août sa " détermination à obtenir une solution favorable". Emmanuel Macron avait assuré le 13 juillet que les services de l'Etat agissaient "sans relâche", avec une "inlassable volonté", pour retrouver l'otage.