RER A inondé: les experts très sévères avec les entreprises du RER E

Le rapport commandité par SNCF Réseau confirme que la chaîne de contrôle s'est montré défaillante dans l'évaluation des risques d'un forage qui provoqué le blocage du RER A.
Le RER A était inaccessible à partir de Charles de Gaulle Etoile, l'une des principales correspondances pour la ligne. PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Une erreur est bien à l'origine des trois jours de suspension du trafic sur le RER A entre La Défense et Auber, après le percement accidentel de son tunnel, le 30 octobre dernier. "Le forage incriminé a été réalisé par le GE [groupement d'entreprises en charge du chantier du RER E, ndlr] à son initiative et sans partage d'information avec la maîtrise d'oeuvre", indique le rapport de la commission d'experts indépendants mandatés par SNCF Réseau, dévoilé lundi soir par Le Parisien.

Un forage de reconnaissance sur le chantier du futur RER E à la porte Maillot à Paris avait percé accidentellement un tunnel du RER A, provoquant une irruption d'eau boueuse sur ses voies. Dès le lendemain de l'incident, la SNCF, maître d'ouvrage pour les travaux du RER E, avait dénoncé la "responsabilité" dans l'incident du groupe Bouygues, maître d'oeuvre des travaux.

Des recommandations à mettre en oeuvre

"L'absence d'intervention d'un géomètre s'est traduit par une erreur d'implantation qui a suffi pour conduire à l'accident, accuse le rapport. Le choix de la profondeur de ce forage d'essai peut interpeller (...) On comprend mal pourquoi ce choix s'est porté sur un site en directe interférence avec le tunnel du RER A." 300 kilos de résine avait été nécessaires pour colmater la brèche, qui a laissé passer environ 25 tonnes d'eau boueuse.

Dans un communiqué, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, enjoint la SNCF Réseau de mettre en application les recommandations du rapport. Soit "le renforcement de la chaîne de contrôle interne (...) en charge des travaux, ainsi qu'une surveillance renforcée par le maître d'oeuvre" et "la prise en compte des recommandations techniques des experts" et "la constitution (...) d'une mission d'appui permanent à la maîtrise d'ouvrage du projet".