Pouvoir d'achat: la CGT appelle à "généraliser les grèves"

Salariés du public, du privé, lycéens, retraités... Invité de BFMTV, Philippe Martinez a lancé: "Il faut des grèves partout!"
Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez (C), lors d'une réunion à Matignon, à Paris, le 25 mai 2018 afp.com/FRANCOIS GUILLOT

La mobilisation des gilets jaunes s'apprête-t-elle à être dopée par la présence des corps intermédiaires jusqu'ici distants vis-à-vis du mouvement ? Ce vendredi matin sur BFMTV, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a dénoncé les mesures annoncées par Emmanuel Macron en début de semaine afin d'apaiser la fronde. Considérant qu'elles bénéficient avant tout au patronat, le numéro un du principal syndicat contestataire a appelé à "multiplier" les grèves en cette fin de semaine.

Salariés du privé, fonctionnaires, lycéens, retraités... "Il faut multiplier les initiatives dans les entreprises et les grèves dans les entreprises et les services", a-t-il déclaré au micro de Jean-Jacques Bourdin. "Il faut des grèves partout", a-t-il ajouté, acquiesçant à l'idée qu'une telle mobilisation se "généralise". "Il faut aller faire grève la semaine dans son entreprise. Je sais que c'est difficile quand on n'a déjà pas beaucoup d'argent mais c'est le meilleur moyen pour mettre la pression", a toutefois admis Philippe Martinez.

Changement de ton

"Qui est le plus content des mesures annoncées par le président de la République? Le Medef, qui n'a rien à payer. (...) La meilleure façon d'agir, c'est évidemment ce que font les gilets jaunes mais c'est aussi de faire grève parce qu'il y a besoin qu'on hausse le ton", estime le leader syndical, et ce, alors que la Centrale de Montreuil est en perte de vitesse.

Sans nommer explicitement les gilets jaunes, Philippe Martinez a évoqué la notion de "convergences" avec leur cinquième mobilisation nationale, prévue samedi. "On ne peut pas faire de mouvement que le samedi. (...) Il faut des convergences. Quand je vois sur les barrages des appels à la hausse du Smic, au rétablissement de l'ISF... Ce sont des tracts de la CGT, ça !" Selon le dirigeant syndical, lesdites convergences n'ont pas eu lieu jusqu'à maintenant car les gilets jaunes "ne connaissent pas" la CGT.

Il s'agit là d'un changement de ton radical, car dans un premier temps, la CGT s'était tenue à l'écart du mouvement des gilets jaunes, dénonçant notamment la présence de militants d'extrême droite dans ses rangs. "Impossible d'imaginer la CGT défiler à côté du Front national", martelait Philippe Martinez qui, encore ce vendredi, a critiqué les positions anti-migrants de certains manifestants.