Pourquoi les auto-écoles rejettent la réforme du permis de conduire ?

Ce lundi 11 février, les auto-écoles ont lancé une opération escargot en France. Cette action est effectuée dans le cadre d'une mobilisation contre un rapport parlementaire qui menacerait leur réseau d'apprentissage à la conduite au profit de plateformes en ligne low-cost. Que veut le rapport et que clament les auto-écoles ? Explications.
Pourquoi les auto-écoles rejettent la réforme du permis de conduire ?
Ce lundi 11 février, les auto-écoles ont lancé une opération escargot sur le périphérique parisien. Cette action est effectuée dans le cadre d'une mobilisation contre un rapport parlementaire qui menacerait leur réseau d'apprentissage à la conduite au profit de plateformes en ligne low cost. Que veut le rapport et que clament les auto-écoles ? Explications. RMC

Périphérique parisien, autoroutes franciliennes et routes à Bordeaux, Nice ou encore Marseille ont quelque chose de commun en ce lundi 11 février : le trafic y est fortement ralenti pour cause d'opérations escargots lancées par les auto-écoles. En cause, un rapport parlementaire qui organiserait une "ubérisation de leur profession", selon eux, et qui favoriserait l'apprentissage en ligne.

Mais que préconise ce rapport exactement ? Pour l'instant, on ne le sait pas encore. Rédigé par la députée LaREM du Gard, Françoise Dumas et remis au Premier ministre ce vendredi 8 février, le rapport n'a, pour l'heure, pas encore été rendu public. Ce qui n'a pas empêché les trois organisations professionnelles Unic, CNPA et Unidec de faire front commun pour s'y opposer vivement. "On ne sait pas ce qu’il y a dedans. Madame Dumas a bien voulu nous lire une partie. On peut imaginer que ce qu’elle ne nous a pas dit est peut-être le pire pour nous parce que je ne l’ai pas sentie très à l’aise", justifie Philippe Colombani, président fondateur du syndicat l'Unic.

Ce à quoi il faudrait s'attendre, c'est une baisse significative du coût du permis de conduire, comme promis par Emmanuel Macron en novembre 2018. Pour rappel, son prix moyen actuel gravite aux alentours de 1 800 euros. Les auto-écoles s'attendent alors à une préconisation pour généraliser l'inscription à l'examen en candidat libre, assouplir les conditions d'enseignement et abandonner l'obligation de posséder un local.

Une porte-ouverte à l'enseignement sur internet ?

Bien que le rapport n'ait pas encore été dévoilé dans son intégralité, les différents syndicats craignent une "ubérisation de la profession" et une vraie porte-ouverte à l'enseignement sur internet, jugé low cost. "On ne veut pas que la formation au permis de conduire soit associée à des formations 'low cost'. On n'est pas contre les nouveaux arrivants, mais tout le monde doit être soumis aux mêmes règles", se révolte Patrick Mirouse, président de l'Unidec. 

Même remarque pour Patrick Bessonne, président du syndicat majoritaire CNPA-Éducation routière : "Nous ne sommes pas des auto-écoles de l'ancien monde, comme on nous présente parfois, mais des auto-écoles de proximité", affirme-t-il avant de reprendre : "Tuer la proximité, c'est tuer la qualité. Et quand la qualité de l'enseignement du permis de conduire est bradée, ça devient un permis de tuer". Il estime ainsi qu'un enseignement en ligne à bas prix préparerait mal les élèves aux examens, qui le rateraient et seraient obligés de payer pour le repasser, rendant le coût final supérieur à celui annoncé.

Quelles solutions pour transiger ?

Les plateformes en lignes dispensent-elles nécessairement un enseignement de mauvaise qualité ? À l'inverse, les auto-écoles "traditionnelles" misent-t-elles réellement sur la qualité ? Le prix du permis est-il aujourd'hui réellement justifié ? Une preuve formelle sur la première question n'a pas vraiment été rapportée et les syndicats ne semblent pas avoir communiqué sur les deux autres questions. Mais ils ont lancé des pistes pour que les auto-écoles "traditionnelles" puissent garder le monopole sur un enseignement de meilleure qualité que les plateformes en ligne, comme ils l'allèguent, pour un coût qui diminuerait.

La première mesure proposée, bien évidemment, c'est l'allègement des charges fiscales. "Le permis de conduire, c’est environ 70% de taxes et impôts divers. Que nos hommes politiques qui empilent les taxes et les impôts depuis des années se regardent un peu dans une glace et se disent que, si on en est arrivé là, c’est peut-être aussi de leur faute", fulmine Philippe Colombani. Les différents syndicats proposent également le développement de cours collectifs, un recours plus systématique à des simulateurs de conduite ainsi qu'une meilleure orientation des élèves vers les dispositifs d'aide.

Ne reste plus qu'à attendre que le rapport soit rendu public pour voir quelles suggestions des syndicats ont été prises en compte par le gouvernement.

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