Pour son patron, la police n'a "pas besoin de cagnotte"

Éric Morvan juge que la multiplication des cagnottes, certaines soutenant les forces de l'ordre, "frise l'indécence".
Eric Morvan, patron de la police nationale, en 2016 (photo d'illustration). afp.com/GAIZKA IROZ

Le patron de la police nationale ne partage pas l'engouement autour de la cagnotte en soutien aux forces de l'ordre blessées. "La police nationale n'a pas besoin de cagnotte", a déclaré Éric Morvan ce vendredi sur France inter. Celle lancée par le président de la région PACA, Renaud Muselier, dépasse 1,4 million ce vendredi.

"Friser l'indécence"

"Cette fracture (...) qui se manifeste à coups de cagnottes peut à certains égards friser l'indécence. S'il y a de la générosité dans ce pays, manifestons-la à la recherche médicale ou à l'enfance en danger, mais les policiers n'ont pas besoin de cagnotte", a lancé le directeur général de la police nationale (DGPN).

Plusieurs cagnottes ont été ouvertes sur des plateformes numériques de collecte de fonds en faveur des forces de l'ordre, en réaction à celle créée en soutien à l'ex-boxeur Christophe Dettinger, soupçonné d'avoir agressé deux gendarmes à Paris samedi.

Celle lancée mardi par Renaud Muselier est la cagnotte qui a rencontré le plus de succès. Ses fonds seront redistribués à l'Amicale de la police nationale.

"Pas une bagarre d'écolier"

Le patron de la police a par ailleurs défendu l'action des forces de l'ordre, accusées de violences par des gilets jaunes et une partie de l'opposition. "On n'est pas en train de parler d'une bagarre d'écoliers. Il n'est pas normal que l'on puisse mettre sur un pied d'égalité des manifestants - qui sont en fait des émeutiers quand on arrive à ce degré de violences -, et des agents de la force publique qui ont pour mission le rétablissement de l'ordre", a affirmé le DGPN.

Il a précisé que l'inspection générale de la police nationale (IGPN) avait reçu près de 200 signalements sur sa plateforme permettant à des particuliers estimant avoir été victimes ou témoins de violences policières d'alerter la police des polices.

Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, elle est officiellement saisie de 67 dossiers par l'autorité judiciaire, selon une source policière. Elle a également fait l'objet d'une saisine administrative sur le cas du commandant de police filmé en train de frapper plusieurs personnes à Toulon.