Penelopegate: François Fillon témoin assisté pour "escroquerie aggravée"

Le candidat malheureux à l'élection présidentielle est déjà mis en examen dans cette affaire d'emploi fictif. Des documents saisis à l'Assemblée intriguent les enquêteurs.
Pendant sa campagne, François Fillon a été visé par des accusations d'emplois fictifs de son épouse. afp.com/Christophe ARCHAMBAULT

L'enquête sur le Penelopegate se poursuit. François Fillon, déjà mis en examen dans l'affaire des soupçons d'emplois fictifs de sa femme et de ses enfants, a aussi été placé fin juillet sous le statut de témoin assisté pour "escroquerie aggravée".

Mis en examen le 14 mars notamment pour "détournement de fonds publics" et "complicité et recel d'abus de bien sociaux", l'ex-candidat de la droite à l'élection présidentielle a été reçu fin juillet par les juges d'instruction pour être entendu pour la première fois sur le fond de l'affaire. Il y alors été placé sous le statut de témoin assisté, statut intermédiaire entre celui de simple témoin et de mis en examen.

Des documents saisis à l'Assemblée nationale

Dans cette affaire, François Fillon est soupçonné d'avoir attribué un emploi fictif d'attachée parlementaire pendant plusieurs années. Les investigations portent aussi sur les salaires touchés de mai 2012 à décembre 2013 par son épouse pour un emploi dans une revue littéraire, la Revue des deux mondes, propriété d'un homme d'affaires proche de François Fillon, Marc Ladreit de Lacharrière.

Le 16 mars, le parquet national financier avait délivré aux juges d'instruction un réquisitoire supplétif, élargissant le champ des investigations à des faits d'"escroquerie aggravée". Penelope Fillon avait été mise en examen le 28 mars, notamment pour "recel d'escroquerie aggravée".

Des documents saisis à l'Assemblée, en particulier une fiche de renseignements sur laquelle l'épouse du candidat avait déclaré en juillet 2012 un travail mensuel à la Revue des deux Mondes de seulement 14 heures, intriguaient les enquêteurs.

Investigations sur la société 2F Conseil

Lors de son audition fin juillet, François Fillon a défendu la réalité des emplois d'assistants parlementaires de sa femme à l'Assemblée nationale, entre 1986 et 2013, lorsqu'il était député, et de ses enfants Charles et Marie quand il siégeait au Sénat, entre 2005 et 2007.

Les investigations se concentrent aussi sur les activités de 2F Conseil, la société que l'ex-Premier ministre avait créée en 2012, peu de temps avant de redevenir député. Les enquêteurs cherchent à savoir s'il y a pu y avoir d'éventuels conflits d'intérêts.

Une perquisition s'est déroulée cet été au siège d'AXA. L'assureur alors dirigé par Henri de Castries, proche de François Fillon, avait demandé entre 2012 et 2014 à 2F Conseil d'exécuter plusieurs prestations pour lesquelles la société de l'ex-Premier ministre aurait perçu environ 200 000 euros.