Paris: une enseignante accusée d’antisémitisme devant la justice

Une amende de 1.500 euros, dont 500 avec sursis, a été requise mercredi à Paris.

Paris: l'enseignante accusée d’antisémitisme finalement condamnée
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Accusée de propos antisémites, négationnistes et complotistes, une enseignante du très réputé lycée Janson-de-Sailly, dans le 16e arrondissement parisien, devait être entendue à la barre, ce mercredi, devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris. Cette professeure d'anglais en classe préparatoire littéraire au lycée Janson-de-Sailly (XVIe arrondissement), suspendue et en arrêt maladie de longue durée, n'était pas présente à son procès en raison de son état psychologique.

Sur son compte Facebook, qui était à l'époque visible par tous, cette professeure d’anglais agrégée et enseignante en classe préparatoire avait, selon Le Parisien, créé la polémique en affirmant que "la Shoah a été prévue et organisée par les Juifs", courant 2016, ce qui lui vaut d'être poursuivie devant le tribunal correctionnel pour contestation de crime contre l'humanité et diffamation raciale. Une "inversion extrêmement perverse" qui revient à dire que les victimes ont organisé le génocide, a résumé la procureur. Elle avait publié ou relayé d'autres propos complotistes ou antisémites qui ne sont pas ici poursuivis.

Le rectoral avait immédiatement suspendu la fautive qui n'a plus enseigné depuis. 

"Perte de contrôle"

Âgée de 53 ans, la professeure invitait en fin d'année ses élèves à rejoindre son large groupe d'amis sur Facebook et plusieurs propos qu'elle a tenus dans ce cadre avaient fuité dans la presse pendant l'été 2016. Elle avait été suspendue en août 2016 et s'était déclarée en arrêt maladie.

Devant les enquêteurs, elle a expliqué être diagnostiquée bipolaire et a admis avoir parfois réagi à l'actualité sur les réseaux sociaux sous l'emprise de l'alcool. Elle a aussi déclarée avoir été très marquée par les assassinats de Mohamed Merah en 2012 et l'attentat de Charlie Hebdo en 2015.

Admettant une "perte de contrôle", elle avait exprimé ses "regrets". La prévenue, "irréprochable dans le cadre de son activité professionnelle", "délirait régulièrement" le soir devant son ordinateur, sur fond d'alcool et de troubles psychiatriques, selon son avocat, Me Philippe Meilhac. Elle est dans un "schéma d'autodestruction", a-t-il ajouté.

Estimant qu'elle souffre d'un "état psychiatrique lourd", il a demandé une expertise psychiatrique pour éclairer le tribunal sur son discernement. Plusieurs associations antiracistes se sont portées partie civile. Une amende de 1.500 euros, dont 500 avec sursis, a été requise avant le verdict attendu le 9 novembre.