Ni rasage, ni médicament, la détention "inhumaine" de Ghosn

Le PDG de Renault, sous les verrous depuis le 19 novembre dans des conditions difficiles, a aussi choisi son équipe d'avocats.
Le PDG de l'alliance franco-japonaise Renault-Nissan-Mitsubishi, Carlos Ghosn, le 6 octobre 2017 à Paris afp.com/ERIC PIERMONT

Carlos Ghosn a recruté trois pointures pour le défendre, révèle le JDD. Deux avocats, Brad Karp et Michael Gertzman, viendront de New York, et le troisième est un ancien procureur japonais. Motonari Otsuru est réputé pour avoir mené des procédures contre certains financiers japonais et dirigé le département des investigations spéciales du bureau des procureurs du district de Tokyo. Celui-là même qui a arrêté Carlos Ghosn.

Motonari Otsuru est d'ailleurs la seule visite que peut recevoir Carlos Ghosn pendant sa détention, avec celle des ambassadeurs des trois pays dont il détient un passeport, à savoir le Brésil, la France et le Liban. L'avocat n'a en revanche pas accès au dossier d'instruction et n'assiste pas aux interrogatoires. Face à ces conditions, les proches du grand patron reprochent aux autorités japonaises une détention "inhumaine".

De nouvelles accusations

Dans sa cellule de la prison de Kosuge, à Tokyo, l'ex-patron de Nissan et de Mitsubishi n'a droit qu'à deux douches par semaine et n'est pas autorisé à se raser ni à prendre ses médicaments. Il aurait tout de même obtenu qu'on lui apporte des livres, pour passer le temps entre les interrogatoires du procureur japonais qui peuvent durer huit heures.

La garde à vue, qui doit s'achever le 10 décembre ne correspond qu'à une seule charge, et elle pourrait être à nouveau prolongée en raison d'un nouveau chef d'accusation, rapporte le JDD. En plus des soupçons de dissimulation de ses revenus, Carlos Ghosn est accusé d'abus de bien sociaux, pour des logements acquis à son usage exclusif.

Renault dans l'embarras

En attendant, en France, Thierry Bolloré assure la présidence de Renault. Le directeur général adjoint a créé une cellule spéciale pour suivre l'affaire, et l'enquête interne confiée à Claude Baland, directeur de l'éthique du groupe, qui devrait rendre ses conclusions cette semaine.

Emmanuel Macron a également touché un mot de l'affaire au Premier ministre japonais, Shinzo Abe, à l'occasion du G20 vendredi. Il lui aurait demandé d'autoriser la France à disposer d'un meilleur accès aux informations sur le dossier. L'Etat étant le premier actionnaire de Renault, Bruno Le Maire a également appelé au respect de la présomption d'innocence.