Nancy: la justice administrative valide l'arrêt des soins à une adolescente en état végétatif

La justice "dit aux médecins qu'ils doivent arrêter l'acharnement thérapeutique et laisser Inès mourir dans la dignité et l'apaisement".

Nancy: la justice administrative valide l'arrêt des soins à une adolescente en état végétatif
Google Street View

La justice administrative a donné raison jeudi à l'hôpital universitaire de Nancy qui souhaite laisser mourir, contre la volonté de ses parents, une adolescente de 14 ans tombée depuis juin dans un "état végétatif persistant", a-t-on appris de sources concordantes.

Le tribunal administratif de Nancy a "conforté les médecins dans leur volonté d'arrêter la ventilation et le maintien en vie de la jeune Inès", a indiqué à l'AFP Me Frédéric Berna, l'avocat des parents de la jeune fille. 

Autrement dit, la justice "dit aux médecins qu'ils doivent arrêter l'acharnement thérapeutique et laisser Inès mourir dans la dignité et l'apaisement", a-t-il résumé.

"Mes clients ont 15 jours pour contester cette décision devant le Conseil d'Etat. Je suis à peu près sûr qu'ils vont le faire, car ils ne sont pas d'accord. Ils veulent qu'on maintienne leur fille en vie, car ils veulent croire en une guérison", a ajouté Me Berna. Ils se disent persuadés que leur fille est encore capable de certains mouvements - volontaires selon eux -, alors que selon les médecins il s'agit de mouvements réflexes.

Elle "n'a pas et n'aura plus jamais la capacité d'établir le moindre contact" avec ses proches

Inès, qui souffre d'une maladie neuromusculaire auto-immune, est hospitalisée depuis juin au CHRU de Nancy, à la suite d'une crise cardiaque. Face à cette situation, l'hôpital a lancé une "procédure collégiale" visant à arrêter les soins. Mais les parents ont saisi la justice administrative pour tenter de s'y opposer. 

Or trois experts, mandatés par le tribunal administratif, viennent d'estimer qu'Inès était plongée "dans un état végétatif persistant" et qu'elle "n'a pas et n'aura plus jamais la capacité d'établir le moindre contact" avec ses proches.

Le CHRU de Nancy "ne prendra aucune décision hâtive" et attendra "évidemment" un éventuel arrêt du Conseil d'Etat avant d'arrêter les soins, a dit à l'AFP l'avocat de l'hôpital, Me Bertrand Marrion. "Le mieux pour Inès serait d'avoir un consensus général. Peut-être qu'avec toutes ces prises de position, d'experts et de tribunaux, les parents reviendront sur leur opposition", a-t-il espéré.

La loi interdit aux médecins toute "obstination déraisonnable, et on est dans ce cas-là, mais l'origine de cette obstination, c'est la position des parents", a encore commenté Me Marrion.

Les parents, de leur côté, estiment que la "question juridique ici est de savoir si on peut passer outre l'autorité parentale pour arrêter les soins sur une mineure", selon Me Berna.