L'Europe va-t-elle réellement interdire les kebabs sur son territoire?

L'union européenne pourrait très prochainement interdire la vente de ce sandwich star, la faute aux additifs phosphatés présents dans la viande. 

L'Europe va-t-elle réellement interdire les kebabs sur son territoire?
pallina232 / Flickr

Kebab, Döner, grec... peu importe l'appellation, le succès de ce sandwich confectionné à base de viande grillée et de légumes n'en finit pas d'affoler les compteurs. Avec 11.000 restaurants en France, il est l'un des leaders de la restauration rapide dans l’hexagone. 

Seulement voilà, la semaine passée, la commission de la santé du Parlement européen a pris une décision qui pourrait bien mettre à mal ce marché florissant: l'interdiction d’additifs phosphatés qui sont présents en masse dans la viande de ces sandwichs. Comme l'explique Ouest-France, ces derniers servent surtout à garder la saveur et la fraîcheur de la viande grâce à sa faculté de rétention d'eau. 

Seul problème, selon plusieurs études, ces additifs seraient également à l'origine de l'augmentation de risques cardiovasculaires chez les consommateurs. Mais ce n'est pas tout, selon une autre étude menée en 2008 par l'American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, ils favoriseraient également l'apparition du cancer du poumon chez les individus à risques. Depuis quelques années, leur utilisation grimpe en flèche dans l'industrie agro-alimentaire et de nombreux scientifiques questionnent leur impact sur la santé des consommateurs.

200.000 emplois menacés en Europe

Du côté des professionnels du kebab, on tire la sonnette d'alarme. Pour Kenan Koyuncu, membre de l’association allemande des producteurs de kebab, "si le Parlement européen parvient à ses fins, ce serait la peine de mort pour l’ensemble de l’industrie du döner kebab dans l’Union européenne", soit la bagatelle de 200.000 emplois à travers l'Europe. La décision finale devrait être prise le 11 décembre prochain. 

A l'heure actuelle, les additifs phosphatés sont déjà interdits par l'Union européenne, excepté pour les broches de viande surgelées. Un vide juridique dont les kébabiers profitent mais qui pourrait très bientôt être rempli par cette nouvelle législation.

Depuis le début de l'année, près de 300 millions de kebabs ont été vendus en France.