Les gilets jaunes déterminés à la veille de "l'acte 5"

À en croire la température sur les réseaux sociaux, les gilets jaunes semblent motivés pour maintenir la mobilisation samedi.
Les gilets jaunes manifestants à Fontaine-Notre-Dame, le 14 décembre 2018. REUTERS

Un mois après le début de leur mouvement, les gilets jaunes maintiennent la pression ce vendredi, à la veille d'un "acte 5" qui fait débat. Après une semaine marquée par les annonces d'Emmanuel Macron et l'attentat de Strasbourg, la fin de la traque du principal suspect de la fusillade n'y change rien. Sur les réseaux, tout se prépare comme si rien n'avait changé depuis le 8 décembre, jour de l'acte 4.

Les mesures dévoilées lundi par le chef de l'Etat - hausse de 100 euros des revenus au niveau du Smic, exemption de la hausse de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2000 euros par mois... - et les appels à "suspendre" le mouvement après l'attentat du marché de Noël mardi soir n'ont guère entamé la détermination des gilets jaunes.

"Il ne faut pas lâcher"

"C'est le moment où justement il ne faut pas lâcher (...). On doit continuer", a exhorté jeudi Eric Drouet, un des initiateurs du mouvement, dans une vidéo sur Facebook : "Ce que Macron a fait lundi, c'est un appel à continuer parce qu'il commence à lâcher quelque chose et, venant de lui, c'est inhabituel."

"Dans l'Ariège, ça ne désarme pas, les annonces de Macron ne suffisent pas. Les gens au pouvoir sont très déconnectés de ce que les Français vivent", estime Guilhem Boudon, pasteur à Mirepoix venu à Paris dès vendredi en vue de l'acte 5.

Des signaux d'une baisse de mobilisation

Après quatre samedis de mobilisation, dont trois émaillés de spectaculaires violences et dégradations, certains prônent toutefois l'apaisement. Le collectif des "gilets jaunes libres", qui a fait dissidence du "canal historique" qu'ils jugent trop radical, appelle ainsi à une "trêve", estimant que "le temps du dialogue est venu".

L'association Robin des Bus, qui a amené des gilets jaunes nordistes depuis trois week-ends, a, elle, annulé les départs prévus samedi, signe que les manifestants ne "se sont pas mobilisés pour aller à Paris", a déclaré Thibault Vayron.

Mais sur Facebook, principal canal de mobilisation de ce mouvement, les nombreux appels à un "acte 5" réunissent toujours plusieurs milliers de participants.

Réponses samedi

Samedi dernier, la quatrième journée de mobilisation a rassemblé 136 000 manifestants en France, selon le ministère de l'Intérieur, et s'est soldée par un nombre record d'interpellations (près de 2000), plus de 320 blessés et des dégâts et affrontements dans plusieurs villes, comme Paris, Bordeaux et Toulouse.

Après l'attentat de Strasbourg qui a fait resurgir le spectre terroriste et dont l'auteur a été tué jeudi soir, de nombreuses voix, notamment au sein de la majorité et du gouvernement, s'étaient toutefois élevées pour appeler à la "responsabilité" et à ne pas manifester. Sans effet jusque-là.

Mais il est toujours compliqué, et cela depuis le début du mouvement, il y a bientôt un mois, de jauger avant l'heure de la mobilisation des gilets jaunes. Pour cet acte V, il faudra sans doute, comme d'habitude, attendre le déroulement de la journée de samedi.